Thon rouge

Page - 21 avril, 2010
Depuis dix ans, Greenpeace tire la sonnette d'alarme. Le thon rouge de Méditerranée est menacé d'extinction. Dans notre premier rapport sur le sujet, en 1999, nous annoncions que le nombre de thons rouges adultes avait diminué de 80% au cours des vingt années précédentes. Aujourd'hui, la catastrophe annoncée se confirme: le thon rouge de Méditerranée va disparaître. Peut-être dès 2012.

Le thon rouge de Méditerranée est menacé d'extinction.

Comment en est-on arrivé là?

Le premier responsable, c'est la surpêche. On pêche tout simplement trop de thon rouge en Méditerranée, et on les pêche trop jeunes, les empêchant de se reproduire.

Le secteur de la pêche au thon rouge fait ce qu'il veut, sans aucun respect pour l'avenir des ressources marines. Il s'est doté d'un matériel extrêmement performant. Parfois, il ne respecte pas les quotas de pêche qui lui sont attribués, n'hésite pas dans certains cas à cacher ou à falsifier les chiffres. Il est même aidé par les Etats et l'Union Européenne qui subventionnent le secteur sans aucune réflexion sur le long terme.

Les fermes de thons rouges sont un des éléments majeurs de ce système. Le principe consiste à capturer un banc de thons vivants, le transférer dans une cage de transport, remorquer cette cage jusqu'à la ferme pour y transférer les poissons. Là, ils sont gavés pendant plusieurs mois (parfois deux ans) avant d'être vendus sur le marché japonais. Il existe ainsi près de 60 fermes de ce genre sur le pourtour méditerranéen. D'où encore plus de prises de thon, mais aussi d'autres poissons destinés à nourrir ces thons élevés en ferme. D'où plus de surpêche. Et tout cela avec la bénédiction financière de l'UE !

Puisque les gouvernements subventionnent ce massacre, il n'est pas étonnant que l'ICCAT traîne les pieds. L'ICCAT (International Commission for the Conservation of Atlantic Tunas) est l'organisation intergouvernementale chargée de gérer les stocks de thon rouge dans l'Atlantique Nord et en Méditerranée. Pour préserver le thon rouge, elle devrait interdire des captures supérieures à 15 000 tonnes de thon rouge par an pour l'ensemble de la zone. Au lieu de cela, elle en a autorisé 30 000 en 2007 et 22 000 en 2009. Quand on sait que ces quotas ne sont jamais respectés (60 000 tonnes de prises réelles en 2007 contre les 30 000 autorisées), on réalise à quel point l'ICCAT se montre irresponsable.

Comment réagir?

Face à cette catastrophe, il faut de toute urgence:

  • Décréter un moratoire sur la pêche du thon rouge
  • Interdire le commerce international du thon rouge dans le cadre de la CITES (la commission chargée de réglementer le commerce des espèces menacées)
  • Créer des réserves marines dans les zones de reproduction du thon rouge en Méditerranée (notamment dans les Baléares).

Ainsi, on pourrait sauver le thon rouge de la catastrophe, mais aussi une pêche vieille de 5000 ans. L'un ne va pas sans l'autre. Si, un jour, il n'y avait plus de poissons, que feraient les pêcheurs?

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