Foire aux questions

Pourquoi est-il important de protéger nos mers et nos océans ? Que représente une réserve marine ? Nos enfants pourront-ils encore consommer du poisson ?

Aperçu des questions les plus fréquemment posées et réponses.

Aperçu des questions les plus fréquemment posées et réponses.  
  • Pourquoi Greenpeace mène-t-elle campagne en faveur des océans ?

    Nos mers et nos océans abritent les poissons, les mammifères marins, les coraux et les plantes les plus extraordinaires. Cependant, ce monde sous-marin unique est gravement menacé par les activités nuisibles des hommes. Les pêches excessives représentent le plus grand danger : dans le monde entier, les prises sont passées de moins de 20 millions de tonnes en 1950 à plus de 90 millions de tonnes en 2004. Les déchets et les détritus chimiques polluent l’eau, le bruit déroute le système de sonar des baleines et des dauphins. Et en raison des changements climatiques, l’eau des océans se réchauffe.

  • Quel est le problème avec le stock de poissons ?

    En raison de la surpêche, les mers se vident. Selon l’organisation mondiale de l’alimentation, la FAO, un peu plus des trois quarts de toutes les populations de poissons font l’objet d’une pêche intensive, voire excessive. Au cours des 50 dernières années, 90% des principales espèces de poissons prédateurs comme le thon, l’espadon et le cabillaud ont disparu des océans. En mer du Nord, le cabillaud est sérieusement menacé. Les scientifiques conseillent depuis des années d’arrêter de pêcher ces poissons mais les ministères de la pêche font la sourde oreille.

  • Devons-nous manger d’autres espèces de poissons ?

    La flotte de pêcheurs, bien trop importante, vide rapidement les mers. Les poissons disparaissent, du plus gros au plus petit. Finalement, il ne restera plus que des méduses et des invasions d’algues ! Etant donné que l’équilibre écologique change, les possibilités de rétablissement des espèces victimes d'une pêche excessive sont minimes. Et les invasions de méduses seront de plus en plus fréquentes.

  • Il y a tout de même encore suffisamment de poissons ?

    Le plus gros problème est que les pêcheurs attrapent plus de poissons que la nature n'en offre. Conséquence : les mers se vident de plus en plus. De plus, bon nombre de poissons sont aujourd'hui pêchés avant qu'ils n'aient eu le temps de se reproduire.

  • Quelle forme de pêche est la plus nocive ?

    Les filets dérivants et les palangres font beaucoup de victimes parmi les dauphins, les baleines, les tortues et les oiseaux de mer. La pêche au chalut engendre énormément de prises accessoires. C’est le cas notamment du chalut utilisé par une grande partie des pêcheurs belges. Les chaînes piègent des soles et des plies et tuent beaucoup d'espèces marines inutilement. Les zones protégées contre cette pêche néfaste sont encore très peu nombreuses en mer du Nord. C’est pourquoi Greenpeace préconise la mise en place de réserves marines.

  • Que font les pêcheurs des poissons dont ils ne veulent pas et qu’ils trouvent dans leurs filets ?

    La majeure partie de ces prises accessoires sont rejetées à la mer, gravement blessées ou mortes. Pour ce qui est des chaluts raclant les fonds, les prises accessoires sont disproportionnées, allant parfois jusqu'à 80% de la prise ! Il s’agit ici de toutes les prises non désirées, allant d’espèces vivant dans les fonds marins comme les étoiles de mer aux ‘mauvais’ poissons (espèces que le pêcheur ne pêche pas). Avant d’être rejetés à la mer, la plupart des poissons sont comprimés ou s’asphyxient dans les filets.

  • Les poissons d’élevage ne sont-ils pas une solution ?

    Certains poissons d’élevage sont une bonne alternative. Cependant, ce n’est pas toujours le cas. Dans de nombreux cas, les élevages ont pour effet d'aggraver le problème de la pêche excessive. Les pêcheurs pêchent du poisson sauvage pour nourrir le poisson d’élevage. Le cabillaud et le saumon, par exemple, sont des carnivores et mangent des kilos de poisson sauvage. Bien entendu, cela ne résout pas le problème de la pêche excessive. Les énormes industries d’élevage de crevettes tropicales en Amérique latine et en Asie ont également engendré des pertes considérables. Des mangroves menacées sont détruites pour mettre en place des élevages. Or, les mangroves sont les lieux d’incubation de la mer. De plus, beaucoup d’élevages de poissons polluent les mers et propagent des maladies.

  • Qu’est-ce que la pêche dans les grands fonds ?

    Les grands fonds sont un monde sombre et inconnu, situé à des centaines de mètres sous le niveau de la mer. Des espèces étranges y vivent, comme l'araignée de mer géante et la baudroie abyssale. L’écosystème est très vulnérable et tout y connaît une croissance très lente en raison du froid et de l’obscurité. Les espèces vulnérables sont donc rapidement pêchées à l’excès et ont du mal à s’en remettre. Les bateaux traînent leurs grands filets de fond industriels de plus en plus profondément dans les grands fonds car les eaux peu profondes contiennent de moins en moins de poissons. Ils laissent derrière eux un désert dépouillé, là où des coraux vieux de plusieurs milliers d’années poussaient auparavant.

  • Comment se fait-il que de plus en plus de poissons sont pêchés ?

    Avant, les pêcheurs ne pouvaient pas aller au-delà des eaux côtières avec leurs petites embarcations et ils ne pouvaient pas partir en mer tous les jours. Par conséquent, de grandes zones restaient protégées de la pêche. Les stocks de poissons des mers côtières pouvaient donc se renouveler. Aujourd’hui, nous pouvons aller partout et les bateaux de pêche sont de plus en plus nombreux et de plus en plus gros. Grâce aux nouvelles technologies, les pêcheurs détectent les stocks de poissons beaucoup plus facilement. Etant donné l’absence de zones totalement protégées (réserves marines), nous épuisons totalement les mers.

  • Quelle est la solution selon Greenpeace ?

    Greenpeace enjoint les gouvernements du monde entier à mettre en place des réserves marines au plus vite. En protégeant totalement des zones marines importantes, les stocks de poissons et les espèces qui vivent dans les fonds marins pourront se rétablir. En dehors de ces zones, la capacité des prises doit également être nettement revue à la baisse : les bateaux de pêche doivent donc être moins nombreux (et moins gros). Les techniques de pêche destructrices (qui endommagent les espèces qui vivent sur les fonds marins ou qui engendrent des prises accessoires importantes) doivent également faire la place à des méthodes de pêche durables.

  • Qu'entendons-nous par réserves marines ?

    Les réserves marines sont des zones où la vie marine est totalement protégée contre toutes les activités humaines nuisibles. Dumping, pêche, exploitation de sable, de gravier et de pétrole sont interdits dans ces zones protégées. Ainsi, la nature peut retrouver son équilibre. En dehors de ces réserves, la pêche doit être pratiquée de manière durable : moins de bateaux de pêche et aucune méthode de pêche nuisible. Dans les réserves marines existantes, nous voyons plus d'espèces revenir et les stocks se renouvellent.

  • Pourquoi les réserves marines sont-elles importantes ?

    La protection de la vie marine est dans l’intérêt de chacun. Les mers du monde sont la source de notre existence : sans eau, il n'y a pas de vie ! Les réserves marines offrent une protection aux zones particulières et vulnérables comme les récifs coralliens ou les zostères. Il en va de même pour les zones avec une structure de fond particulière, qui sont un habitat pour beaucoup d’organismes différents. Cependant, les réserves marines peuvent également protéger des zones d’alimentation, des frayères et des trajets de migration importants. Elles permettent ainsi le rétablissement des stocks de poissons.

  • Est-ce l’objet de l’action de Greenpeace en mer du Nord ?

    La mer du Nord, elle aussi, a énormément besoin de réserves marines. Les nombreuses années de pêche excessive et de méthodes destructrices comme les chaluts ont totalement épuisé de nombreux stocks de poissons. Si d’importantes parcelles de cette mer sont laissées en paix, les poissons, les mammifères et les espèces qui vivent sur les fonds marins pourront se rétablir. Nous pourrons ainsi sauver de la disparition des espèces comme le cabillaud de la mer du Nord.

  • Il existe pourtant déjà des réserves marines ?

    Actuellement, moins de 1% des océans sont totalement protégés. Greenpeace préconise un réseau de zones entièrement fermées, qui couvre 40% de toutes les mers et de tous les océans. Les réserves marines protègent surtout les zones vulnérables comme les récifs coralliens et les lieux d'incubation, les frayères et les zones de passage d’espèces vulnérables.

  • Avons-nous des preuves que les réserves marines sont efficaces ?

    Il existe de nombreux exemples de réserves marines performantes à travers le monde. L’importance de ces réserves a été démontrée dans un grand nombre d’études scientifiques. En 2007, 300 scientifiques européens se sont prononcés en faveur de la mise en place d’un vaste réseau de réserves marines.

  • Qu’est-ce que la Politique commune de la pêche et pourquoi doit-elle être réformée ?

    La Politique commune de la pêche (PCP) fait référence aux lois de l’UE concernant la pêche. La réforme de la PCP se rapporte à la mise en place d’un nouveau cadre législatif global pour la pêche dans l’UE. L’activité de la flotte européenne ailleurs dans le monde relève également de cette politique. Malgré de précédents processus de réforme, la PCP n’a pas permis, jusqu’à présent, une gestion durable et équitable des stocks de poissons, basée sur la science. Depuis la dernière réforme, en 2003, la situation dans les mers européennes s’est encore dégradée. 90% des stocks de poissons européens connaissent un déclin alarmant. La PCP est un exemple d'école de mauvaise administration. Les principaux problèmes sont les suivants :

    Les plafonds des prises sont systématiquement trop élevés.

    La réduction de la capacité de la flotte est en retard par rapport à la diminution des stocks de poissons.

    Les règles existantes ne sont pas imposées et ne sont pas respectées.

    Trop de poissons et d’autres espèces marines sont attrapés, tués et rejetés à la mer en tant que déchets.

    Trop peu de zones sont sérieusement protégées contre la pêche.

  • Qu’attend Greenpeace de la réforme de la Politique commune de la pêche ?

    Le principal objectif de la réforme doit être le suivant : rétablir et préserver les écosystèmes marins. C'est le seul moyen pour que les mers puissent rester une source d'alimentation et résistent correctement à l'impact du changement climatique. Les mesures suivantes sont prioritaires :

    Limitation de la flotte et des efforts de pêche :

    Pour une pêche rentable écologiquement et économiquement, l’Europe doit adapter l’ampleur et les efforts de la flotte à la quantité de poissons qui nagent encore dans ses mers. Pour ce faire, des accords liants doivent être passés sur le plan européen et national.

    Respect de la science :

    Des instituts scientifiques donnent des conseils quant aux quantités de poissons que nous pouvons raisonnablement pêcher. Ces conseils sont basés sur les meilleures informations disponibles. L’Europe doit les respecter et fixer ses prises totales autorisées aux limites données par les scientifiques ou à des valeurs inférieures. Ces conseils doivent avoir valeur de plafond légal.

    Transparence et traçabilité :

    L’UE doit fixer des règles de transparence strictes. Ces règles doivent s’appliquer à toutes les décisions politiques, aux activités de pêche et aux différents acteurs concernés par la pêche. De plus, les produits de la mer doivent être traçables, de la prise à la vente. Ainsi, l’Europe pourra garantir une pêche durable et mettre un terme à la pêche illégale.

    Une protection efficace des écosystèmes marins :

    Pour préserver et rétablir nos richesses marines, de grandes zones doivent être totalement protégées contre la pêche et les autres activités nuisibles. Une interdiction des activités de pêche est nécessaire dans les zones importantes comme les lieux d’incubation, les frayères, les zones de fourrage et les habitats fragiles.

  • Que font les bateaux de pêche européens en Afrique de l’Ouest ?

    Pour répondre à la demande croissante de poissons et de fruits de mer et pour maintenir la flotte, l’UE a peu à peu étendu sa capacité au-delà de ses propres mers. Les plus gros bateaux d’Europe pêchent actuellement dans les eaux de certains des pays les plus pauvres du monde, grâce à des accords de partenariat de pêche (APP) ou joint ventures. Ces pratiques ne tiennent pas suffisamment compte des besoins en poisson locaux, en tant que source de protéines et de revenus dans ces pays. Elles menacent la sécurité alimentaire. Les pêcheurs locaux voient leurs prises diminuer et les richesses marines disparaître, alors qu'ils n'en profitent pas, ou peu.

  • Quels changements peut apporter la nouvelle PCP ?

    Les relations externes de l’UE ne doivent pas être axées sur l’obtention d’autorisations d’accès aux eaux et aux richesses de pays tiers mais sur la protection des écosystèmes et sur la promotion de pratiques de pêche durables, par le biais de la lutte contre la pauvreté. La nouvelle PCP doit veiller à ce que la flotte externe de l'UE soit soumise au même régime que la flotte nationale. Tous les poissons importés devraient répondre aux mêmes normes environnementales et sociales que la production nationale. L’UE doit assister les pays en voie de développement dans le respect de ces normes. La collaboration et la solidarité devraient occuper une place centrale dans tous les accords de pêche, les projets et les programmes d’investissement auxquels participent l’UE, les Etats membres et les entreprises européennes. La réalisation des objectifs du millénaire des Nations Unies doit être prioritaire. Les accords de partenariat de pêche devraient être arrêtés graduellement. En ce qui concerne les espèces pour lesquelles l’UE n’est pas auto-suffisante, un travail doit être effectué autour d’accords d’achat durables.