Problèmes

Page - 21 octobre, 2009

Les ressources de la mer face à la surpêche.

Il n'y aura plus de poisson dans les océans d'ici 2048.

 

Une fausse vision de la mer

L'origine de tous les problèmes actuels, c'est une incompréhension de ce qu'est la mer. Nous sommes habitués à y puiser sans limite les poissons et les fruits de mer que nous aimons manger. Nous croyons (ou voulons croire) que les ressources de la mer sont inépuisables et que nous pouvons y faire ce que bon nous semble. Peut-être parce que les fonds des océans nous sont invisibles, nous avons imaginé qu'ils étaient sans limite. Mais nous nous sommes trompés. La pêche est une activité de cueillette, pas de production.

Une économie qui méprise les océans

Parce que nous avons oublié cette évidence, nous soutenons une pêche industrielle qui épuise les fonds marins. Nous laissons se développer une pêche illégale qui ne respecte aucune règle. Nous restons sans réaction devant le gaspillage des prises accessoires (les organismes capturés involontairement), probablement 20 millions de tonnes par an rejetés à la mer. Nous favorisons une aquaculture (de saumon, de crevettes…) qui empoisonne les écosystèmes. Nous acceptons un trafic maritime qui pollue les mers et des activités d'extraction (sable, hydrocarbures, minerais) qui nuisent à la vie marine. Les scientifiques peuvent bien tirer la sonnette d'alarme, les politiques laissent perdurer ce massacre. Les industriels ont carte blanche.

Une décharge à ciel ouvert

Les pollutions dues à nos activités achèvent de faire de nos mers et océans une gigantesque poubelle. Il y a bien sûr les pollutions dues au passage des pétroliers et des chimiquiers. Mais 80% des polluants retrouvés dans les mers et les océans proviennent d'activités sur terre. Ce sont les eaux usées domestiques, les plastiques, les rejets industriels, les pesticides et les engrais agricoles, les déchets radioactifs. On trouve ainsi en mer des métaux lourds toxiques comme le mercure ou des « polluants organiques persistants » aussi dangereux que le lindane, le PCB ou le DDT. Notre production de déchets est telle qu'il existe dans le Pacifique Nord une zone plus grande que la France où les déchets tournent en spirale à l'infini. A cela s'ajoutent les pollutions sonores qui menacent gravement les écosystèmes marins.

Les dérèglements climatiques

C'est une autre conséquence des activités humaines. La manifestation la plus évidente en est la montée des eaux: 17 cm au cours du XXème siècle, peut-être un mètre à d'ici 2100. Certains Etats insulaires (comme les Maldives ou la Micronésie) disparaîtraient. Des zones côtières (y compris en Europe) seraient inondées.

D'autres phénomènes sont moins souvent cités, mais tout aussi menaçants: la montée de la température, la modification des courants océaniques, l'acidification des eaux (due à l'augmentation des émissions de gaz à effet de serre), le développement d'espèces invasives… Les océans deviendraient alors de nouveaux vecteurs de dérèglements climatiques. C'est le cercle vicieux.

Des populations menacées

Cette exploitation sans limite de nos océans, et plus généralement de notre planète, a des effets directs et manifestes sur la biodiversité marine. De nombreuses espèces sont éteintes ou en voie d'extinction. Les plus connues sont les baleines et les dauphins, les raies, le requin, le thon rouge, l'espadon, etc. Mais la liste est plus longue. L'exemple du krill, une crevette des eaux froides, montre que la disparition d'une seule espèce peut mettre en péril toute une chaîne alimentaire. Au rythme actuel, il n'y aura plus de poisson dans les océans d'ici 2048. Que ferons-nous ce jour-là? Manger des méduses?

Thèmes