Foire aux questions

Qu’est-ce que la manipulation génétique ? Les OGM ont-ils des avantages pour les petits exploitants des pays en développement ? Comment puis-je savoir quels produits contiennent des OGM ?

Aperçu des questions les plus fréquemment posées et réponses.

La manipulation génétique  
  • Qu’est-ce que la manipulation génétique ?

    La manipulation génétique signifie exactement ce que les termes disent : une manipulation des propriétés génétiques. Tous les humains, les animaux et les plantes se composent de milliards de cellules. Celles-ci contiennent des gènes (ADN) qui déterminent nos caractéristiques héréditaires et donc, le fait que nous ayons des yeux bleus ou bruns ainsi que notre couleur de peau ou notre morphologie. Il en va exactement de même pour les plantes et les animaux. Les graines d’une fleur rouge donnent une fleur rouge, et non bleue, un renard donne naissance à un renardeau et non à un lapereau. Lors d’une manipulation génétique, un gène est ‘coupé’ d’une espèce pour être ‘collé’ dans une autre espèce : une petite partie de pomme de terre dans un poisson ou une petite partie d’une bactérie dans un plant de maïs.

  • Quelle est la différence entre l'amélioration génétique et la manipulation génétique ?

    Le croisement et la sélection naturels, tels que pratiqués dans le cas de l'amélioration génétique, permettent de sélectionner des propriétés génétiques provenant d’espèces déterminées et d’une même famille d’espèces. Ils ne permettent pas de franchir la barrière des espèces. Il est par exemple possible de croiser une rose avec une autre variété de rose mais jamais avec une souris. La manipulation génétique permet quant à elle de franchir la barrière des espèces. Les scientifiques sont capables d’échanger entre eux les gènes des bactéries, des virus, des insectes, des animaux et même des humains.

  • Un problème se pose-t-il avec l’échange de gènes au sein de la même espèce ?

    Avec la manipulation génétique faisant intervenir des gènes d’une même espèce – par exemple des gènes provenant d’une variété de pommes de terre sauvages dans d'autres pommes de terre – les résultats sont semblables à ceux obtenus avec l’hybridation. Cela s’appelle la cisgénèse. Toutefois, toutes les opérations consistant à ôter et coller des gènes sont risquées en raison des techniques utilisées. Peu importe qu'il s'agisse des gènes de la même espèce. La cisgénèse est dès lors un joli mot pour désigner la technologie génique qui présente les mêmes risques : c’est aussi de la manipulation génétique.

  • Qu’y a-t-il à redire, selon Greenpeace, à la manipulation génétique ?

    La manipulation génétique est imprévisible, incontrôlable et, surtout, irréversible. C’est, une fois encore, l’opération consistant à couper et coller qui pose problème. Par exemple, si, par malchance, plus d’un gène vient à muter, ou si le gène n’est pas collé à l’endroit adéquat, ou encore si un gène s’avère responsable de plus de propriétés que celle que l’on souhaitait muter. Personne ne connaît précisément les conséquences d'un gène qui ne donne pas les résultats prévus. Personne ne connaît non plus les conséquences d'un gène qui donne les résultats escomptés par la biotechnologie.

  • Greenpeace est-elle contre toute forme de manipulation génétique ?

    Non. Tant qu’elle a lieu dans un laboratoire, Greenpeace n’est pas contre la manipulation génétique. La recherche fondamentale est dans l’intérêt de chacun. Nous trouvons par contre que les cultures transgéniques en champ ouvert sont une mauvaise idée car les conséquences y sont irréversibles. Une barrière autour d’un terrain d’expérimentation ne permet pas de retenir le pollen d’une culture OGM. Le vent disperse également les cultures OGM hors du terrain d’expérimentation ‘fortement protégé’ : dans la nature ou dans les cultures d’un exploitant qui ne tient pas du tout à produire une culture issue de la technologie génique. Là où des plantes génétiques sont cultivées à des fins commerciales, le risque est encore plus grand. Une quantité d’études et de cas où la manipulation génétique a eu des conséquences néfastes sur l’environnement et la santé a été documentée par Greenpeace.

  • Si la manipulation génétique est risquée, pourquoi y avons-nous recours ?

    La principale raison tient au fait que les grandes entreprises de biotechnologie voient effectivement un intérêt dans les gènes. Elles veulent créer des espèces présentant des propriétés qu’elles ne possèdent pas naturellement mais qui permettraient d’augmenter largement leur valeur marchande. Pour l’agriculture industrielle, la technologie génique semble être la solution longtemps espérée pour lutter contre les innombrables fléaux, maladies et mauvaises herbes auxquels ce secteur doit faire face. Monsanto produit par exemple du maïs (MON810) produisant un pesticide ou du soja (soja roundup-ready) résistant à un herbicide. Ce n’est pas par hasard si cet herbicide (roundup) est également produit par Monsanto. L’idée sous-jacente est aussi brillante que dévastatrice pour le sol agricole : achetez notre soja, aspergez notre herbicide sur la culture et tout sera ravagé – sauf notre soja. Durant ces dernières années, plusieurs cas de « mauvaises herbes » devenues résistantes aux herbicides ont été confirmés. Les faits commencent à prouver qu’à moyen et long termes, le « système OGM » ne fonctionne pas.

  • Les cultures OGM permettent-elles de moins recourir aux substances toxiques ?

    La plupart des cultures génétiquement modifiées sont rendues résistantes aux désherbants. Cela implique une forte présence de la même substance toxique sur les champs. Malheureusement, les « mauvaises herbes » deviennent résistantes à plus long terme et rendent nécessaire le recours à davantage de substances encore plus toxiques. Dans le cas des cultures transgéniques qui produisent elles-mêmes un insecticide, le sol reçoit une dose excédentaire de substance toxique. Enfin, les insectes deviennent également résistants à cette substance toxique à long terme, ce qui oblige ensuite le cultivateur à asperger plus souvent son champ de substances toxiques.

  • Les OGM ont-ils des avantages pour les petits exploitants des pays en développement ?

    Ces exploitants n’ont aucun avantage. Ils sont liés par des contrats les contraignant à utiliser des semences coûteuses (brevets sur les semences OGM) et davantage de substances toxiques obligatoires. A cause du régime des brevets, les agriculteurs n’ont pas le droit de garder ou d’échanger leurs propres semences, mais doivent à chaque saison racheter des semences à la multinationale. Leurs connaissances locales sont rendues superflues. Ce qui les aiderait vraiment, c’est l’opportunité de se fournir eux-mêmes et d’approvisionner le marché en denrées alimentaires. Et ce, grâce au commerce équitable qui met un terme aux subventions inéquitables aux cultivateurs des pays ‘développés’. Et grâce aussi au développement d'un système agricole diversifié, à plus petite échelle et adapté aux conditions locales.

  • La manipulation génétique peut-elle contribuer à lutter contre la faim dans le monde, comme on l’entend souvent dire ?

    La plupart des plantes OGM ne sont pas des cultures alimentaires. Elles sont cultivées à grande échelle dans des monocultures et servent essentiellement à nourrir nos vaches, nos poulets et nos porcs. Mais une fois que les cultures OGM sont dans le champ, les conséquences pour l’environnement et notre santé sont imprévisibles, incontrôlables et surtout, irréversibles. Il en va de même pour les cultivateurs qui ne veulent pas du tout d’OGM sur leurs champs. En outre, la technologie génique ne fait qu’installer une dépendance des cultivateurs défavorisés à l’égard des semences brevetées des entreprises biotechnologiques. Surtout à moyen et long termes, les OGM n’arrivent pas à augmenter les rendements, ils ne font que remplir les poches des actionnaires.

  • Les cultures OGM produisent pourtant davantage que les cultures traditionnelles ?

    Les cultures ne sont pas génétiquement modifiées pour produire davantage. Elles sont rendues résistantes à certains insectes ou à certaines substances toxiques. Dans la pratique, elles auraient un rendement inférieur. L’Argentine en est un très bon exemple.

  • Mais cela fait pourtant des années que les cultures OGM sont présentes dans les champs dans d’autres parties du monde ? Il ne s’est encore rien produit de grave...

    En Espagne, aux États-Unis, au Canada, en Argentine et en Chine, il a déjà été largement constaté que la contamination aux OGM est incontrôlable et irréversible. Les champs réservés aux cultures traditionnelles ont tout simplement reçu du pollen transporté par le vent ou par des insectes butineurs. Les plantes OGM peuvent également se comporter comme de mauvaises herbes envahissantes. Nous en trouvons un exemple au Canada, où il est devenu quasiment impossible de cultiver encore du colza échappant à la technologie génique. La liste des erreurs et des scandales est longue.

  • La consommation d’OGM est-elle nuisible pour ma santé ?

    Nous l’ignorons. Les denrées alimentaires génétiquement modifiées font l’objet de tests afin d’en déterminer la sécurité. Toutefois, sur la base des nombreux ‘incidents’, il n’est pas exclu que les aliments génétiquement modifiés aient, à long terme, des effets (inattendus) sur les personnes et sur l’environnement. En outre, des études inquiétantes sur des animaux utilisés à des fins expérimentales ont démontré que les cultures OGM occasionnaient des dommages au foie, aux reins et au cerveau. On entend également dire que les cultures transgéniques sont précisément plus saines. Ce n’est pourtant pas le cas. La plupart des cultures ne sont pas ‘transformées’ pour être plus saines. (…)

  • Si je ne le veux pas, puis-je facilement éviter de manger des aliments contenant des OGM ?

    Cela semble plus logique que ce ne l’est en réalité. Si un produit d’origine végétale contient moins de 0,9% d’ingrédients génétiquement modifiés, les producteurs ne sont pas obligés d’en faire mention sur leurs étiquettes, conformément à la législation de l’UE. En outre, sur les produits d’origine animale (lait, viande...), il n’est pas non plus mentionné que les vaches ou les porcs ont été nourris avec des aliments génétiquement modifiés. Du riz génétiquement modifié est régulièrement découvert dans le riz ‘ordinaire’. Il peut y avoir dans les macédoines, de la papaye de Thaïlande commercialisée illégalement. Enfin, il existe un risque minime que vos légumes soient contaminés par une culture OGM.

  • Comment puis-je savoir quels produits contiennent des OGM ?

    Il est impossible de le savoir avec une certitude absolue. Cette mention doit figurer sur les étiquettes des produits alimentaires si ces derniers contiennent plus de 0,9% d’OGM. Parfois, cette teneur est reconnaissable lorsque figure, par exemple, la mention ‘produit avec du soja génétiquement modifié’. Toutefois, la description est parfois très voilée : ‘ce produit est fabriqué à l’aide d’une biotechnologie moderne’. Sur les produits d’origine animale, tels que le lait ou la viande, il n’est absolument pas obligatoire de mentionner si les animaux ont été nourris avec des OGM. Toutefois, il vous est naturellement possible de faire savoir à votre supermarché ou à votre producteur de denrées alimentaires la raison pour laquelle vous ne souhaitez pas acheter leurs produits. Si vous voulez être certain de ne pas consommer d’aliments génétiquement modifiés, nous vous conseillons plutôt d'acheter des produits biologiques.