Bonne nouvelle : après la Wallonie et Bruxelles, voilà que la Flandre va à son tour (bien que temporairement) interdire le glyphosate. Il s’agit là d’une réaction au scandale des Monsanto Papers, qui a éclaté cette semaine dans les médias. L’interdiction concerne l’emploi du glyphosate par les particuliers, et sera valide jusqu’à ce qu’il y ait plus de clarté scientifique. Il s’agit là d’une belle avancée dans notre campagne pour un avenir sans pesticide.

Quid des Monsanto Papers?

A la demande d’un juge américain, des centaines de mails internes de Monsanto ont été rendus publics. Ces mails prouvent que Monsanto manipule les études concernant le fameux désherbant Roundup.

La presse belge relate cette semaine le lien entre cette affaire et un Belge, Mark Martens, un ancien employé de Monsanto. A la fin des années 1990, ce dernier n’a pas hésité à contacter des scientifiques pour qu’ils prennent la défense du glyphosate.

Il ressort clairement des e-mails de Monsanto que celui-ci fait tout son possible pour éviter que le glyphosate, l’ingrédient principal du Roundup, ne soit interdit. Il n’hésite pas à payer des scientifiques pour écrire des études positives. Ou encore, il écrit lui-même des études et cherche ensuite des scientifiques prêts à mettre leur nom sous le document.

Autorisation européenne pour le glyphosate

C’est notamment sur base de ces études de l’industrie que l'Autorité européenne de sécurité des aliments (EFSA) et l’Agence européenne des produits chimiques (ECHA) rédigent ensuite leur avis sur la nocivité du glyphosate. Récemment, l’ECHA a conclu qu’il y avait insuffisamment de preuves scientifiques pour classer le glyphosate comme “probablement cancérigène”. Sur la base des derniers éléments, il est grand temps de remettre cet avis en question.

Interdiction en Flandre

A Bruxelles, le glyphosate est interdit depuis fin 2016 ; en Wallonie, les particuliers ne pourront plus utiliser les désherbants à base de glyphosate à partir du 1er juin (comme le Roundup et le Weedol). Hier, c’est la Flandre qui a fait connaitre sa volonté d’interdire le glyphosate pour les particuliers (du moins temporairement).

Cette interdiction ne concerne pas l’agriculture, mais il est grand temps de réfléchir à une élimination du produit dans ce secteur-là également. Les alternatives existent, même si bien sûr, il est moins évident pour les agriculteurs d’arrêter du jour au lendemain l’emploi du glyphosate. Ils doivent être soutenus.

Situation absurde

La situation est aujourd’hui absurde. Les magasins peuvent vendre des produits que les clients ne peuvent pas acheter. La vente est du ressort du fédéral. Nous demandons à nos ministres fédéraux de l’Agriculture (Willy Borsus) et de la Santé (Maggie De Block) de prendre leurs responsabilités. Notre gouvernement fédéral doit arrêter de se cacher derrière des études falsifiées et appliquer le principe de précaution.

Et Brico ?

Mais aussi la distribution, avec le leader du marché Brico en tête, doit arrêter de se cacher derrière des études falsifiées. Si l’enseigne a vraiment à coeur le principe du développement durable, elle doit retirer les produits contenant du glyphosate de ses rayons et prouver que l’environnement et la santé sont plus importants à ses yeux que les gains.

Vous souhaitez une interdiction du glyphosate ? Signez notre initiative citoyenne européenne, qui a déjà reçue plus de 700.00 signatures, sur le million nécessaire !