Notre capitale fait piètre figure dans les résultats d’une enquête sur la mobilité durable et la viabilité de treize grandes villes européennes. Bruxelles est un des plus mauvais élèves de la classe pour les transports en commun, la sécurité routière et la gestion de la mobilité.

À notre demande, le Wuppertal Institut, un organisme allemand, a établi un classement de treize grandes villes européennes. Pour ce faire, il a recueilli des données concernant 21 indicateurs répartis en 5 catégories : transports publics, sécurité routière, qualité de l’air, gestion de la mobilité et mobilité active. Dans pas moins de quatre de ces cinq catégories, Bruxelles est une des cinq villes les plus mal classées.

Notre conclusion ? Bruxelles s’accroche au vingtième siècle. Sa Majesté la Voiture gouverne notre capitale, et les politiciens n’en font pas assez pour briser ce monopole. Pourtant, nous connaissons tous aujourd’hui les conséquences néfastes de l’automobile tant pour l’environnement que pour notre santé.

La moitié des déplacements se font en voiture

À Bruxelles, la voiture est le moyen de transport par excellence : 43% des déplacements s’y font en voiture. Par comparaison, chez nos voisins du Nord ce n’est le cas que de 20% des déplacements, et à Paris de 15% seulement. Presque trois fois moins.

Les trajets en transports en commun ne représentent que 28% de l’ensemble des déplacements effectués à Bruxelles. Il n’y a qu’à Copenhague, Amsterdam et Berlin que ce pourcentage est encore plus faible. Et dans ces villes, on opte entre quatre et dix fois plus souvent pour le vélo !

Bannir les moteurs à combustion de la capitale

Il ne nous faut pas regarder bien loin de nos frontières pour trouver des villes qui ont opté pour la mobilité du futur. Par exemple, Paris a décidé l’an dernier de bannir entièrement les voitures au diesel à partir de 2024 et les voitures à essence à partir de 2030. Bruxelles a fait un premier pas dans cette direction en instaurant une zone à faibles émissions, mais elle doit aller plus loin. Le gouvernement bruxellois doit se servir de cette mesure comme d’un tremplin pour annoncer une date à laquelle toutes les voitures au diesel et à essence seront définitivement bannies.

Il est temps d’agir !

Ce classement doit ouvrir les yeux de la capitale de l’Europe. Il en va de la qualité de l’environnement et de notre santé. Bruxelles doit évoluer pour répondre aux besoins de ses habitants, et plus à ceux de la voiture. Les centaines de parents et d’enfants qui mènent des actions dans leur école tous les vendredis depuis des semaines le réclament d’ailleurs eux aussi. L’éviction des voitures au diesel et à essence, un réseau de transports en commun efficace et des chemins piétonniers et pistes cyclables en suffisance et de qualité permettront à Bruxelles d’enfin entrer à son tour dans le XXIe siècle sur le plan de la mobilité durable.