Press release - December 7, 2006
Il est malheureusement impossible pour Greenpeace de se réjouir aujourd’hui des nouveaux calculs de possibilité forestière qui ont été rendus publics ce matin par le premier forestier en chef du Québec, M. Pierre Levac. En effet, si ces calculs montrent dans certaines régions des baisses de possibilité, il n’en demeure pas moins que les futures aires protégées sont les grandes négligées de cette arithmétique forestière.
Le forestier en chef n'a calculé que les aires protégées
existantes et non celles qu'il faudrait créer. Il a laissé peu de
place dans son rapport à plus de protection de notre forêt boréale
et n'a fait aucune recommandation pour la création de nouvelles
aires protégées.
Greenpeace considère que ces nouveaux calculs n'apportent aucune
solution à la protection de notre forêt boréale. « Encore une fois,
le gouvernement du Québec n'a pas cru bon de prévoir la
conservation du patrimoine naturel et prend la même voie que dans
le passé, c'est-à-dire de tout donner à l'industrie forestière »,
lance Mélissa Filion, responsable de la campagne Forêt boréale à
Greenpeace.
Greenpeace compare la situation actuelle à un gâteau que l'on
découpe en morceaux pour au bout du compte le répartir à une seule
partie. « Avant de déterminer ce qu'il laisse à l'industrie, Québec
doit définir ce qu'il entend protéger », fait valoir Melissa
Filion. Rappelons que ces calculs ont pour but de répartir la
matière ligneuse en fonction de la qualité et de l'accessibilité
des volumes.
Le Québec présente un retard flagrant pour la conservation de la
biodiversité. « Il ne reste plus que 15 % de forêt publique
intacte », fait savoir Melissa Filion. Greenpeace presse le
gouvernement du Québec d'identifier et de chiffrer, de façon
crédible et scientifique, le minimum de forêt boréale à protéger. «
Pour le moment au Québec, on ne laisse que des miettes de forêts
vierges aux générations futures », déplore Mélissa Filion. « Il y a
un consensus au Québec afin de créer davantage d'aires protégées en
forêt boréale, poursuit-elle. Ignorer ce besoin dans les calculs
permettant d'aménager la forêt pour les cinq prochaines années est
irresponsable et risque de compromettre le futur de cet écosystème
essentiel ».
Greenpeace est d'avis que ces calculs sont loin de redonner
confiance à la population quant à la gestion de la forêt.
Greenpeace croit que le gouvernement doit créer dès maintenant un
poste de Vérificateur des forêts relevant du Vérificateur général
du Québec. La création de ce poste avait
d'ailleurs été recommandée par le rapport Coulombe.
En 2004, le rapport de la Commission Coulombe a fait état de la
surexploitation des forêts du Québec et a recommandé la création de
nouvelles aires protégées en forêt boréale ainsi que la création
d'un poste de forestier en chef. Celui-ci a remis aujourd'hui son
tout premier calcul de possibilité forestière depuis son entrée en
fonction, le tout sans avoir inclus dans ce calcul de nouvelles
aires protégées.
Other contacts:
Mélissa Filion, responsable de campagne : 514-581-8216
Jocelyn Desjardins, responsable des communications : 514-212-5749