Le 23 février au soir, en Nouvelle-Zélande, des militants de Greenpeace ont stoppé un des bateaux de forage affrété par Shell, destiné à aller chercher du pétrole en profondeur au large de l’Alaska, en Arctique. Les militants de Greenpeace ont escaladé la tour de forage du bateau avec assez de vivres pour rester plusieurs jours en place.

Pourquoi ? Parce que l’Arctique est menacé, et à plusieurs titres : le dérèglement climatique réduit chaque année l’étendue de la banquise, menaçant la survie même d’espèces uniques ; l’acidification des océans, due à l’absoption importante de CO2, dérègle les écosystèmes marins et en particulier les coraux… Mais la menace la plus imminente, c’est la cupidité des industries du pétrole, qui entrent dans la course pour extraire, à grands risques, et à un coût très élevé, les nouvelles réserves de pétrole rendues accessibles par la fonte des glaces. D’un point de vue climatique, nous ne pouvons tout simplement pas nous le permettre : en 30 ans la banquise a déjà perdu 30% de sa surface, la dernière chose que nous devrions faire est de forer dans ces endroits encore préservés…

L’Arctique en danger

L’année dernière, des activistes de Greenpeace avaient déjà bloqué une plateforme de forage de la compagnie écossaise Cairn Energy au large du Groenland. Ces militants avaient abordé le Leiv Eiriksson, une plate-forme pétrolière de 53 000 tonnes envoyées en Arctique par Cairn Energy. Pendant trois jours, deux militants, installés dans une tente de survie attachée à la plateforme, 30 mètres au-dessus de la mer, avaient ainsi pu retarder les plans de la compagnie.

Cette année c’est notamment Shell qui explorera les eaux bordant l’Alaska. Ce choix est absurde, risqué et complètement irraisonné!

C’est la raison pour laquelle sept activistes de Greenpeace, incluant l’actrice Lucy Lawless, ont occupé depuis 4 jours la tour du navire de forage de Shell alors que celui-ci s’apprêtait à appareiller pour les eaux de l’Alaska.

L’occupation s’est terminée ce matin après que la police ait escaladé la tour de forage et arrêté le groupe. Les activistes ont en tout passé 77 heures au sommet de la tour de 53 mètres de haut, retardant ainsi le départ du navire. « Ce chapitre s’achève, mais l’histoire de cette bataille pour sauver l’Arctique ne fait que commencer » a dit Lucy Lawless, juste avant de se faire arrêter. « Sept d’entre nous ont grimpé cette tour de forage pour faire cesser le forage en Arctique, mais 133 000 militants nous ont rejoint dans ce combat. »

Préservons l’Arctique !

Le risque de marée noire est très élevé, et une telle catastrophe serait, de l’avis des experts, incontrôlable : les conditions climatiques extrêmes pourraient empêcher une intervention pendant un an ou plus, si une fuite du type de celle de Deep Water Horizon arrivait.

L’Arctique doit être protégé au même titre que l’Antarctique, région déclarée réserve naturelle mondiale en 1991 : consacrée à la paix et à la science, toute exploitation minière y est interdite.

Les changements profonds qui affectent l’Arctique ne signalent pas de nouvelles opportunités d’exploitation, mais sont, bien au contraire, une autre preuve qu’il est grand temps de s’orienter vers une transition énergétique, basée sur la sobriété, l’efficacité et les énergies renouvelables. Et cela commence par protéger l’Arctique contre la convoitise des pétrolières.

Nous pouvons protéger l’Arctique, préserver ce lieu d’exception des menaces qui pèsent sur ces écosystèmes fragiles, et sur les populations qui en dépendent. Agissez avec nous !