symbole Atikamekw

Vous êtes allez dans le bois dernièrement ? Alors que nos parcs nationaux et fédéraux (qui couvrent moins de 0,5% du Québec) se remplissent actuellement de dizaines de milliers d’amants de la nature, certains passionnés sortent des sentiers battus et vont dans le « vrai bois », là où le touriste est minoritaire, et où l’industrie forestière est maître.  En forêt boréale, la première impression qu’on a quand on dépasse la lisière d’arbres maintenue pour cacher l’immense empreinte de cette industrie est pour moi un sentiment de vertige.

« Le Québec est tellement grand, mais nous en sommes vraiment rendu là, à avoir coupé près de 90% de nos forêts publiques dites « productives », et à continuer de construire plus de 5000 km de nouveaux chemins forestiers à chaque année pour aller chercher les derniers massifs encore intacts ? » me dis-je perplexe devant une coupe à blanc fraichement pressée.

Si ce vertige est sporadique pour quelqu’un comme moi qui travaille un peu partout sur le dossier forestier depuis 10 ans, il est quotidien pour les gens qui vivent sur le territoire, en particulier pour les Premières Nations.  Après le vertige viens habituellement la colère… et le Québec autochtone semble en pleine ébullition, les causes de cette colère étant grandissantes.

Écoeurantite aigue

Quand tes terres ancestrales sont spoliées constamment, que les processus de consultations sont bafoués, que les dés sont pipés d’avance, que tes activités traditionnelles sont menacées, que ta culture en est profondément affectée, que ta communauté peine à trouver des emplois et des retombées de la destruction sur ton territoire et que les gouvernements qui se succèdent ne semblent aucunement intéressé à régler cette crise, il ne te reste qu’à te lever.

Cette mobilisation, qui se transforme souvent en désobéissance civile, est le reflet d’une écoeurantite aigue, et elle se manifeste de plus en plus sur les terres ancestrales cries, innues, algonquines et atikamekw.  Que ce soit pour rejeter les projets de mine d’uranium en territoire cris, d’opposer le barrage de la Romaine par les innus de la Côte-Nord,  pour bloquer des coupes forestières en territoire algonquin, pour dénoncer la destruction planifiée par le Plan Nord ou pour avoir leur juste part dans l’exploitation  des ressources sur leurs terres en Haute-Mauricie, les Nations autochtones se lèvent de plus en plus et voilà une grande source d’inspiration pour la défense des droits, le respect de l’environnement et l’opposition à ce systèmes de surconsommation dont les tentacules atteignent les derniers écosystèmes vierges de la planète.

À tous les peuples autochtones du Québec, nous sommes avec vous. Levez-vous !

Et à tous ceux et celles qui sillonnent le Québec cet été, prenez le temps de voir à quel point les paysages protégés sont magnifiques, mais aussi à quel point l'empreinte industrielle est omniprésente à l'extérieur des sentiers battus. Si vous ne pouvez parcourir le Québec forestier, survolez-le avec Google Earth ou Google Maps et soyez témoin de la destruction visible de l'espace!

Coupes à blanc au Lac St-Jean

Entre temps, appuyez la Nation crie de Waswanipi pour sauver une des dernières forêts vierges du Québec : la Vallée de la Broadback. Envoyez une lettre au Ministre Arcand ici.