Grenouille d  form  eUne étude récente de Pieter Johnson, un scientifique en écologie de l'université du Colorado à Boulder, confirme que les excédants de nutriants agricoles entraînent une augmentation du nombre de grenouilles déformées. Comment est-ce possible ? Les excédants de phosphore et de nitrogène provenant de l'agriculture génèrent des infections chez les têtards produisant des jambes supplémentaires, des pertes de jambes et autres difformités.

Vous croyez que ce n'est pas possible au Québec. Détrompez-vous ! Voici ce que disait un rapport récent du ministère de l'environnement du Québec (MDDEP) concernant les pesticides :

« En 1997, une étude québécoise réalisée sur des sites exposés aux pesticides dans la vallée du Saint-Laurent a documenté l'incidence de malformations chez quatre espèces d'amphibiens. Dans cette étude, le taux de malformation atteignait 12 % en milieu agricole. Les auteurs ont émis l'hypothèse que ces malformations pourraient être attribuables à des facteurs environnementaux, dont les pesticides (Ouellet et al., 1997). Une autre étude québécoise menée en milieu naturel a noté une augmentation significative de profil d'ADN anormal chez les grenouilles vertes (Rana clamitans) analysées dans des zones en production de maïs comparativement à des sites contrôles (Lowcock et al., 1997). Les autres causes possibles soulevées expliquant ces déformations ont été les infections causées par des parasites, l'exposition aux rayons UV et l'imitation des rétinoïdes par les métabolites de pesticides (Bérubé et al., 2005). Selon une étude de Kiesecker (2002), les pesticides pourraient avoir comme effet de diminuer la tolérance des amphibiens aux infections causées par certaines espèces de trématodes qui entraînent de la difformité (Kiesecker, 2002). D'autres études ont aussi révélé que des mélanges de pesticides agricoles ont engendré une suppression de la prolifération de lymphocytes (Christin et al., 2003; Gendron et al., 2003). »
Le problème ? En 2003, l'utilisation des pesticides a augmenté au Québec, la première fois depuis 1995. L'étude de Pieter Johnson ouvre une autre explication à celle des pesticides : le phosphore et le nitrogène. Attention aux dégats à venir... Après les algues bleues... les grenouilles déformées...
The New York Times

Runoff Blamed for Jump in Deformed Frogs

THE ASSOCIATED PRESS Published: September 24, 2007

WASHINGTON (AP) -- The growing number of deformed frogs in recent years is caused at least partly by runoff from farming and ranching, new research indicates.

Nitrogen and phosphorous in the runoff fuel a cycle that results in a parasitic infection of tadpoles, resulting in loss of legs, extra legs or other deformities, according to researchers led by Pieter Johnson of the University of Colorado, Boulder.

Their findings are being published in this week's online edition of Proceedings of the National Academy of Sciences.

The deformed frogs have been a puzzle for more than a decade, since a group of Minnesota schoolchildren discovered a pond where more than half of the leopard frogs had missing or extra limbs. Suggested causes have ranged from pesticides and increased ultraviolet radiation to parasitic infection.

While parasite infection is now recognized as a major cause of such deformities, the environmental factors responsible for increases in parasite abundance had largely remained a mystery, Johnson said in a statement.

Here's how the cycle works:

The parasites, called trematodes, have a series of host species.

They grow in snails and become infectious when released by the snails into ponds, where they can infect frog tadpoles, forming cysts in the developing limbs. Water birds eat the frogs and then excrete the parasites back into the ecosystem where they can infect the snails, he explained.

The increasing amount of runoff is fueling a boom in algae growth, the snails eat the algae and also undergo a population explosion, increasing the breeding places for the trematodes.

To test the idea, the researchers built 36 artificial ponds in central Wisconsin and introduced snails. Ponds with added runoff had a 50 percent increase in the snail population compared with those that did not have the extra nutrients.

The research was funded by the National Science Foundation.