Messieurs Harper et Charest,

Après l’adoption de normes internationales sur l’étiquetage des aliments génétiquement modifiés (OGM) par une centaine de pays lors de la réunion annuelle du Codex Alimentarius à Genève, les gouvernements du Canada et du Québec n’ont plus aucune excuse pour refuser aux consommateurs d’ici le droit de savoir si les aliments contiennent des OGM.

De par le monde, une cinquantaine de pays incluant notamment les 27 pays européens ont déjà adopté l’étiquetage des OGM. Les gouvernements américain et canadien ne reconnaissent toujours pas le droit aux consommateurs de savoir si les aliments qu’ils achètent contiennent des OGM.

D’autres pays comme le Pérou pourront maintenant aller de l’avant pour mettre en place un étiquetage des OGM sans avoir à craindre une plainte à l’Organisation mondiale du commerce (OMC) par les pays exportateurs d’OGM comme le Canada, les États-Unis ou l’Argentine.  

Depuis plus d’une décennie, les consommateurs au Québec et au Canada attendent l’étiquetage obligatoire des OGM. Entre 80 et 95 % des consommateurs d’ici le veulent (voir sondages de 1994 à 2004, de 2006, de 2007, etc.) L’étiquetage «volontaire» adopté par le gouvernement fédéral libéral en 2004 n’a encore produit aucune étiquette «avec OGM» !  La décision unanime de la Commission de l’agriculture de l’Assemblée nationale en 2004 en faveur d’un étiquetage des OGM comme en Europe est restée lettre morte.

À juste titre, Consumers International considère la décision du Codex Alimentarius comme une grande victoire pour les consommateurs partout dans le monde (voir le communiqué de Consumers International.)

En plus du droit fondamental des consommateurs à l’information et la transparence une des autres justifications pour l’adoption de normes par le Codex Alimentarius était la possibilité qu’offrait l’étiquetage pour mettre en place une traçabilité afin de surveiller l’innocuité présumée des aliments OGM après leur mise sur le marché.

Comme de nombreuses normes internationales, la norme adoptée sur l’étiquetage des OGM est minimaliste et en dessous des attentes de nombreuses organisations de consommateurs mais aussi d’organisations comme Greenpeace. Cependant, cette première norme internationale sur l’étiquetage des OGM constitue un pas important.
 
Messieurs les Premiers ministres, c’est maintenant à votre tour de donner aux canadiens et aux québécois un étiquetage obligatoire des OGM. Vous n’avez plus d’excuses pour le faire!