Macro Internet les envrironnementalistes

Vous avez sûrement vu sur internet l'image : « Ce que mes amis pensent que je fais par opposition à ce que je fais réellement ». Il décrit ce que les gens pensent qu’une personne fait et se termine avec une phrase-choc décrivant ce qu’elle fait réellement, ce qui est habituellement beaucoup moins palpitant mais beaucoup plus près de la réalité. La partie « ce qu’ils pensent que je fais » de la macro portant sur les environnementalistes sont des perceptions que je tente de déconstruire quotidiennement, en tant que responsable senior de la campagne Forêts à Greenpeace, un poste que j’occupe depuis dix ans.

Bien sûr, j’ai bloqué des bateaux chargés de bois dans les ports d’un pays qui figure parmi les plus grands destructeurs de forêts au monde. Mais cela constitue une infime partie de mon travail. La plupart du temps, je parle avec les compagnies forestières et leurs clients pour trouver avec eux une solution qui protège les forêts tout en mettant en place une économie durable. Qu’il s’agisse de collaborer avec les Premières Nations pour négocier l’Accord de la forêt pluviale du Grand Ours ou de concevoir un plan de conservation de la forêt boréale de l’Ontario avec les compagnies forestières, il faut faire aussi le travail moins prestigieux. Il faut notamment déterminer la façon de procéder pour conserver la forêt et les aires à protéger pour que cette démarche bénéficie à toutes les parties concernées. Ce sont les efforts discrets que nous déployons entre nos grandes campagnes à forte visibilité pour attirer l’attention des entreprises et des gouvernements et l’annonce de mesures de protection à grande échelle que nous considérons comme des victoires.

Par ailleurs, certains veulent vous faire croire qu’il est impossible de trouver des solutions. Le mois dernier, Produits forestiers Résolu, le géant des compagnies forestières, a dit qu’elle ne croit plus à la possibilité d’en arriver à une conclusion « gagnant-gagnant » en travaillant avec Greenpeace. Pendant plusieurs années, nous avons tenté de travailler de façon constructive avec Résolu pour protéger davantage les forêts dans lesquelles elle exerce ses activités et desquelles provient le bois qu’elle transforme, comme par exemple la forêt menacée des Montagnes Blanches, au Lac St-Jean. Greenpeace, et la plupart des autres groupes environnementaux, n’avons pas réussi jusqu’à présent. Au lieu de collaborer, Résolu a intenté une poursuite de 7 millions de dollars à l’encontre de Greenpeace et deux de mes collègues. Heureusement, nous ne sommes pas seuls. Plus de 60 000 personnes prennent position à nos côtés pour défendre la forêt et s’opposent à des tactiques qui s’appuient sur des poursuites pour museler les critiques. Joignez-vous à nous!

Malgré la poursuite, nous n’avons pas renoncé à notre approche collaborative pour protéger les forêts du monde entier. En fait, notre rapport Une forêt de solutions livre un compte rendu qui, nous l’espérons, vous donnera une idée plus précise de ce que les défenseurs de la forêt œuvrant à Greenpeace accomplissent tous les jours.

Mon souhait est que l’image de « ce que je fais réellement », qui est d’être assise à un bureau, se transforme en une image de moi, au cœur d’un vieux peuplement de forêt pluviale. En attendant, je continuerai de faire du bon travail et de protéger l’intégrité des forêts.

Stephanie Goodwin est responsable senior de la campagne Forêts à Greenpeace. Elle vit et travaille à Vancouver et fait à l’occasion des « séjours inspirants » dans la forêt.