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Ça prenait un certain culot pour retourner au Sommet de la Terre de Rio, 20 ans plus tard, alors que les engagements que M. Charest avait pris en 1992 ne sont encore pas rempli et loin de l’être - on se rappelle que M. Charest chez les Conservateurs en 1992 avait engagé les provinces à atteindre 12% d’aires protégées…le Québec en compte à peine 8% 20 ans plus tard. Mais bon, le ridicule ne tuant pas, et pour confondre les sceptiques, notre premier ministre est allé vanter nulle autre que la plus grande menace qui pèse sur nos écosystèmes vierges québécois, le Plan Nord, en présentant le tout comme un modèle de développement durable !

«[…] je reviens à Rio, afin de mesurer les progrès du développement durable à l'échelle internationale, mais aussi pour témoigner du fait que le Québec est engagé, depuis 20 ans, dans la réalisation des engagements pris lors du Sommet de la Terre de 1992 » Jean Charest, premier ministre du Québec

Vous avez dit « greenwash » ?

960 000 km2 (ou 80% du territoire du Plan Nord) d’écosystèmes vierges ouverts à l’industrialisation, aux routes, aux mines, aux barrages et aux coupes forestières- une superficie équivalente à la France, au Portugal, à la Belgique, aux Pays-Bas, à la Suisse et à l’Autriche réunis - voilà un beau modèle inspirant pour toutes les nations du Globe. Dans cet apogée du « greenwashing » (vous aimez mieux « écoblanchiement » ?), M. Charest parle encore du fameux 50% de protection, alors que le projet de loi 65 qui sera soumit en commission parlementaire à l’automne indique clairement que seulement 20% du territoire sera réellement protégé.

Le premier ministre à tenté de convaincre le monde entier que sa parole avait une valeur, en réaffirmant ses cibles de protection pour…2035, sans souligner bien sûr que la protection ne s’applique en fait qu’aux régions subarctique et arctique, et non à la forêt boréale, bien que cette zone soit la plus menacée et la plus riche en valeur écologique et culturelle. La forêt dans le Plan Nord de Jean Charest devra se contenter de la cible de protection fixée en 1992, soit le minimum de 12%. Parlez-moi d’un leadership !

L’opposition prend forme

Les Québécois n’étant pas dupes, l’opposition au Plan Nord prend de plus en plus d’ampleur. Déjà plusieurs milliers de personnes ont signé la pétition pour le Gel du Plan Nord mise en ligne par Greenpeace. Cette pétition sera déposée à l’Assemblée Nationale avant les élections. À Rio, c’était au tour des grands syndicats, des autochtones et de la société civile en général de dénoncer le Plan Nord. Décidément, l’automne s’annonce chaud !

SIGNEZ LA PÉTITION ICI !