Le temps file, dit-on. Voilà un dicton qui sied à merveille à la présidence de la Conférence des Nations Unies sur les changements climatiques, assumée par la ministre canadienne de l'Environnement, Rona Ambrose. Celle-ci, reprenant les rennes des négociations après la brève, mais ô combien impressionnante performance de son prédécesseur, l'ex-ministre canadien Stéphane Dion, héritait d'un plan de travail qui en aurait rebuté plus d'un parmi les plus optimistes.

Sans perdre un instant, la nouvelle ministre de l'Environnement du Canada et Présidente de la Conférence des Nations Unies sur les changements climatiques s'est mise à l'oeuvre en commençant et a éliminé la plupart des mesures mises en place au Canada pour mettre en place le Protocole de Kyoto.

Bien sûr, elle a dû faire face à tous ces partis d'opposition et à leurs motions parlementaires et projets de lois visant à la forcer à respecter les engagements internationaux du Canada à l'égard du Protocole de Kyoto. Peut-être ces parlementaires de bonne volonté avaient-ils interprété de façon un peu trop optimiste les propos du nouveau premier ministre canadien, Stephen Harper, qui affirmait « J'ai toujours dit que le Canada ne pourrait atteindre les objectifs de Kyoto, ne pouvait les atteindre. Ça, c'est la réalité. Mais nous voulons faire des progrès »? Comme ministre de l'Environnement, madame Ambrose, vous vous êtes empressée de dissiper tout malentendu : « Soyons clair : nous sommes partie prenante du Protocole de Kyoto, nous travaillons avec nos partenaires des Nations Unies ».

Madame la Ministre, vous n'avez fait qu'une visite éclair de 24 heures à Bonn en juin dernier lors d'une rencontre de deux semaines sur Kyoto. Vous ne vous êtes pas donné la peine de vous pointer à Genève à la rencontre préparatoire de COP12, ni au Mexique à la conférence du G8+5, oû vous avez préféré vous faire représenter par un sous-ministre adjoint. ça ne devrait pas décourager qui que ce soit, vous dites-vous sûrement. Il est vrai que la Grande-Bretagne a décidé de n'y déléguer que trois ministres. N'empêche, cela en dit long sur l'importance que vous accordez au présent cycle de négociations internationales. Et pour bien dissiper tout doute pouvant subsister dans nos esprits quant à la façon dont le présent gouvernement canadien considère le processus de négociations sur les changements climatiques sous l'égide des Nations Unies, le premier ministre Harper affirmait récemment, parlant de la « nouvelle approche » environnementale canadienne :

« La Loi canadienne sur la qualité de l'air n'a pas été élaborée à toute vapeur en marge d'une conférence de presse. Elle n'a pas été écrite au cours d'une conférence internationale tenue dans un lieu exotique ».

Vous nous quittez déjà, madame Ambrose ? Vous allez nous manquer.