Le Plan Nord serait-il déjà écrit?

Depuis des mois, la vice-première ministre Normandeau se vante de faire une des plus grandes consultations jamais orchestrées pour assurer la mise en place du fameux Plan Nord. Table des partenaires du Nord, Table des autochtones, Table sur le développement durable, une dizaine de tables de travail sur les grands dossiers associés au développement du Nord du Québec, etc. Municipalités, industries, scientifiques, autochtones, groupes environnementaux (après quelques menaces de sorties publiques), Hydro-Québec, etc. Toute la fanfare y est...

Or à en croire plusieurs qui siègent au sein de cette merveilleuse thérapie de groupe, le diagnostic a déjà été posé, le sort du Nord déjà décidé. Le tout se résume en quelques mots : barrages, mines, routes, croissance, extraction, et bien sûr, insérer quelques « durable » par-ci par-là et hop!, la recette parfaite pour l’équipe de Jean Charest, grand bâtisseur des Temps modernes. La protection de l’environnement, la lutte aux changements climatiques et le maintien de la biodiversité viendront plus tard...une fois les chemins traçés.

Alors que les membres des groupes de travail n’ont même pas vu la couleur des rapports préliminaires en cours de rédaction sensés permettre la création du fameux Plan Nord cet automne, voilà que l’on apprend dans Le Soleil de cette fin de semaine que la ministre Normandeau a déjà pris connaissance de ces rapports. Cette bourde s’ajoute à la série de bavures qui depuis la mise en place de la Table des partenaires du Nord montrent que ce gouvernement n’a qu’une idée en tête : harnacher le Nord tout acabit.

Aucune table sur la conservation n’a été mise en place, la participation des groupes environnementaux est carrément symbolique et la place des préoccupations environnementales est tout simplement absente des visées de ce gouvernement. En exemple, la myopie d’Hydro-Québec face au gigantesque potentiel du couplage hydro-éolien du Nord Québecois ou à l’immense fossé à combler face à l’efficacité énergétique n’en sont qu’une manifestation patente.

Or le problème c’est qu’il serait possible de faire de ce Plan Nord une stratégie garante d’un réel développement durable du Nord. En protégeant d’abord en avant tout les paysages et la biodiversité exceptionnelle que renferme le Nord, en se départissant du syndrome du castor et en changeant la façon dont on conçoit le développement tout en assurant la pleine participation des communautés autochtones et locales, le Québec et la planète pourrait sortir gagnant d’une telle entreprise. Il suffit de se départir de cette vision archaïque du 20ème siècle...tâche qui semble impossible à accomplir chez certains dinosaures du Ministère des Ressources naturelles.

Le chemin emprunté par ce gouvernement depuis novembre 2008 laisse présager le pire quant au sort qui est réservé aux beautés du Nord québécois...à moins que les Québécois désamorcent cette dérape préplanifiée.

À lire :

Plan Nord: Québec brasse des idées

http://www.cyberpresse.ca/le-soleil/affaires/les-regions/201007/30/01-4302750-plan-nord-quebec-brasse-des-idees.php

Pas question de relancer Grande-Baleine, dit Normandeau

http://www.cyberpresse.ca/le-soleil/affaires/les-regions/201007/30/01-4302752-pas-question-de-relancer-grande-baleine-dit-normandeau.php?utm_categorieinterne=trafficdrivers&utm_contenuinterne=cyberpresse_vous_suggere_4302750_article_POS1

Plan Nord: l'environnement mis de côté?

http://www.cyberpresse.ca/le-soleil/opinions/points-de-vue/201004/19/01-4271960-plan-nord-lenvironnement-mis-de-cote.php