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Tel que rapporté cette semaine, la concentration de CO2 atmosphérique dépassera les 400 parties par millions (ppm) ce mois de mai. Or, de nombreux scientifiques, des experts climatiques, et les gouvernements progressistes disent que 350 ppm est la limite supérieure de sécurité de CO2 dans notre atmosphère. En comparaison, la dernière fois que le niveau de CO2 a atteint 400 ppm, c’était il y a environ 3,2 millions et 5 millions d’années et la température planétaire était de 2 à 3 degrés de plus. Est-ce que ce signal d’alarme sera suffisant pour réveiller «l’homme de Néandertal» en Stephen Harper (qualifié ainsi par l’ex-scientifique de la NASA Jim Hansen)?

Pétrole, gaz et charbon nous retardent

Soyons clairs : l’augmentation des émissions et de la concentration de CO2 sont le reflet de la consommation de pétrole, de charbon et de gaz dans le monde. L’atmosphère nous indique qu’il faut dès maintenant cesser de bruler des combustibles fossiles. Or, l’humanité prend un sérieux retard dans la lutte aux changements climatiques ce qui veut dire que nous aurons besoin de réductions d’émissions encore plus drastiques au cours des prochaines années. En fait, plus nous tardons à changer radicalement nos modes de vie et à investir dans les énergies vertes, plus il nous en coutera cher plus tard.

Mobilisation sans précédent

Nous perdons du terrain pour le moment, mais la bataille n’est pas perdue et nous n’abandonnerons pas. La barre du 400 ppm et le prochain rapport du Groupe intergouvernemental sur l’évolution du climat prévu en septembre ne feront qu’augmenter la pression sur les décideurs. Les pressions des populations et ces signaux d’alarme de la science devraient également contribuer à accélérer les actions et les négociations sur le climat. En ce sens, les récentes mobilisations aux États-Unis (plus grande manifestation de leur histoire sur le climat en février dernier) en Colombie-Britannique et au Québec, nous permettent d’espérer que nous sommes près du point de bascule où la mobilisation populaire raisonnera les gouvernements.

Piétinement des négociations internationales

Après des années de piétinement, les négociations internationales sur le climat semblent lentement reprendre en vue d’une entente en 2015. Or, les efforts des pays, à commencer par les pays industrialisés, sont grandement insuffisants pour éviter les changements climatiques catastrophiques. Selon le Programmes des Nations unies pour l’environnement, les émissions mondiales doivent être réduites de 14% d’ici 2020 pour que nous soyons sur une trajectoire qui pourrait nous permettre de limiter le réchauffement planétaire à deux degrés Celsius (comparativement au niveau préindustriel). Même la Banque mondiale nous indique que nous nous dirigeons vers un réchauffement catastrophique de quatre degrés Celsius.

Le Canada et le Québec doivent agir

La signature d’un accord qui permettrait de rapidement plafonner et réduire les émissions mondiales de GES est primordiale, mais on ne peut se permettre d’attendre cet accord avant d’agir. Cela s’applique en premier au Canada qui doit en faire beaucoup plus, lui dont l’objectif de réduction des GES pour 2020 est loin de ce que la science exige de la part des pays industrialisés. Pire encore, il n’a toujours pas de plan pour atteindre son lamentable objectif et souhaite doubler la production de pétrole en provenance des sables bitumineux.

Le Québec n’est pas en reste et doit également faire sa juste part dans cette lutte planétaire. Pour ce faire, il doit s’opposer aux projets de pipelines qui amèneraient le pétrole le plus sale de la planète au Québec et se doter d’un plan crédible pour atteindre son objectif de réduction de GES pour 2020.