balloune degonflée

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Nous avons appris cette semaine que la lutte contre les changements climatiques sous le gouvernement libéral a été près de 10 fois moins efficace que prévu. Selon les données disponibles dans le 6e bilan de mise en œuvre du Plan d’action de lutte aux changements climatiques 2006-2012 (PACC), Québec a investi près de 1,5 milliard pour réduire les gaz à effet de serre depuis 2006. Ces investissements devaient permettre de réduire les émissions de 14,5 mégatonnes (Mt), mais quelques mois avant la fin du programme, les réductions étaient inférieures à 2 Mt. Pas étonnant que les émissions de gaz à effet de serre (GES) aient augmenté de 0,1% en 2010 au Québec alors que nous aurions dû les réduire drastiquement.

Cette médiocre performance ne fait pas très sérieux de la part du gouvernement libéral qui se disait être leader dans la lutte aux changements climatiques. Le gouvernement de Jean Charest a de toute évidence très mal planifié, a dépensé d’importantes sommes, a pris beaucoup de retard dans la mise en œuvre de son plan et n’a pas apporté les correctifs nécessaires pour assurer son succès. Tout cela est bien inquiétant et on ne peut ignorer le contexte actuel où les révélations se succèdent à la Commission Charbonneau…

Quelques exemples de mesures inefficaces

Voici donc pour vous quelques exemples de mesures de réduction de GES qui sont de véritables échecs. Les résultats en % ont d’ailleurs été calculés par Greenpeace, car le bilan n’en fait pas état[i]:

Mesure 1 – Mettre en place des programmes de financement visant l’efficacité énergétique pour les particuliers, les industries, les institutions, les commerces et les municipalités québécoises

Budget : 207,0 M$

Réductions de GES prévues initialement: 990 kilotonnes (kt) eq. CO2
Réductions de GES obtenues au 31 mars 2012: 390,1 kt eq. CO2

Résultat : 39 % de la cible

Mesure 9 : Mettre sur pied un programme d’aide gouvernementale à l’amélioration de l’efficacité
énergétique dans le transport routier, ferroviaire et maritime
Budget: 46,4 M$
Réductions de GES prévues initialement: 1050 kt eq. CO2
Réductions de GES obtenues au 31 mars 2012: 81,0 kt eq. CO2

Résultat : 8 % de la cible

Mesure 14 : Soutenir financièrement le captage et le brûlage ou la valorisation des biogaz générés par les lieux d’enfouissement qui ne font pas l’objet d’une obligation à cet effet dans le cadre du REIMR

Budget : 20,0 M$

Réductions de GES prévues initialement: 3700 kt eq. CO2
Réductions de GES obtenues au 31 mars 2012: 147,0 kt eq. CO2

Résultat : 4 % de la cible

Mesure 15 : Mettre en place des programmes d’aide pour réduire les émissions de GES des secteurs agricole, agroalimentaire, forestier et municipal

Budget : 112,0 M$

Réductions de GES prévues initialement: 1800 kt eq. CO2
Réductions de GES obtenues au 31 mars 2012: 16,0 kt eq. CO2

Résultat : 0,1 % de la cible

Encore des améliorations nécessaires

Certaines améliorations ont été apportées par le présent gouvernement quant à la manière de présenter le bilan. Ceci donnait suite aux critiques formulées par le vérificateur général à l’endroit du gouvernement libéral. Davantage doit être fait de manière à obtenir une reddition de comptes qui permet de constater tous les résultats atteints par rapport aux cibles établies. Tel que mentionné, les résultats en % présentés ci-haut ont été calculés par nous car le bilan n’en fait pas mention…

2 prises contre nous, évitons la 3e

Après avoir raté complètement les objectifs de réduction de GES de Kyoto (qui étaient de -6% sous 1990 pour la moyenne des années 2008 à 2012), le Québec ratera l’objectif qu’il s’est lui-même fixé pour 2012 (-6% par rapport à 1990). Cela fait deux prises contre nous et ce n’est pas de bon augure pour l’ objectif d’ici 2020 de réduire de 25% les émissions de GES sous le niveau de l’année 1990 (objectif qui est pourtant le minimum qu’exige la science…). Nous savons tous que face à l’urgence des changements climatiques on ne peut se permettre une 3e prise…

Besoin d’un nouveau Plan et d’un suivi rigoureux

C’est pourquoi nous demandons rapidement un nouveau Plan d’action de lutte aux changements climatiques pour nous assurer que le Québec atteigne sa cible en 2020. Celui légué par les libéraux n’était tout simplement pas à la hauteur… Il faudra aussi à l’avenir un suivi beaucoup plus serré et sérieux de la mise en œuvre du futur Plan de manière à pouvoir réajuster le tir au besoin. Québec se doit de faire comme l’Ontario qui a mandaté son Commissaire à l’environnement pour qu’il fasse l’évaluation systématique de la mise en œuvre du plan d’action de lutte aux changements climatiques. Il faut comprendre que ce sont des milliards supplémentaires qui devront être investis dans la lutte aux changements climatiques au cours des prochaines années… Ce n’est pas un luxe que de mandater une tierce partie objective pour qu’elle évalue le travail du gouvernement et nous assure que notre argent est bien investi et que le Québec progresse bien dans la lutte aux changements climatiques… Et tant qu’à y être pourquoi ne pas ajouter des ressources au ministère du Développement durable, de l’Environnement, de la Faune et des Parcs pour s’assurer de l’atteinte de l’objectif?


[i] Les résultats sont présentés sur une base annuelle au 31 mars 2012, à peine quelques mois avant la fin prévu du PACC le 31 décembre 2012.