Le gouvernement du Canada représente-t-il les intérêts des Canadiens? En matière de climat, rien n’est moins sûr. Les sondages le prouvent. Le dernier en date est tombé hier : D’après Environics Research Group, 56% des Canadiens veulent que le Canada fasse partie d’un accord pour lutter contre les changements climatiques et la majorité serait même prête à payer une taxe carbone réduire les émissions de GES au pays. Celui-ci vient compléter une série d’autres sondages réalisés à différents moments et qui tous convergent pour montrer que les Canadiens veulent de l’action de la part de leur gouvernement sur la question climatique. Trois quart d’entre eux vivent d’ailleurs dans des provinces qui sont plus ambitieuses que le gouvernement fédéral en terme de politique climatique.

A Durban, la vivacité de la société civile pancanadienne se fait vraiment sentir. Réunis pour la plupart sous la bannière du Réseau Action Climat Canada, de nombreux représentants venus de toutes les provinces sont là pour exiger des gouvernements - et d’abord du leur- du leadership en matière climatique. Si certains venaient à douter de l’investissement des ONG dans les négociations internationales sur le climat, à Durban ils pourraient à coup sûr être rassurés sur ce point! On retrouve ici des activistes qui bataillent contre les sables bitumineux, des syndicats venus exiger plus de jobs verts, de très très nombreux jeunes et bien sûr les organisations qui travaillent au pays à lutter contre les changements climatiques (Greenpeace, AQLPA, Equiterre, etc).

Ce petit monde se réunit chaque jour pour partager l’information et particulièrement celle concernant le Canada et travailler de concert. Pour cette première semaine, tout le monde a été bien occupé, le gouvernement Harper ayant multiplié les petites phrases destinées à distiller un climat de méfiance dans les négociations. De quoi donner du travail aux militants que nous sommes avec l’aide des collègues restés au pays. Conférence de presse sur les sables bitumineux, Fossiles du jour, communiqués du Réseau Action Climat Canada, actions de Greenpeace à Ottawa et ailleurs, publications de lettres ouvertes dans la presse, etc. : pas un jour ne passe sans qu’une ONG canadienne n’ait une activité à l’agenda lié à la COP. (Et je ne suis pas sûre que ce soit aussi vrai pour tous les autres pays pourtant représentés à la COP 17…)

Cette présence signe évidemment l’intérêt de la société civile canadienne pour les négociations sur le climat, sa conviction qu’un accord global est indispensable pour sauver le monde des dérèglements climatiques les plus graves mais elle illustre aussi clairement que celle-ci n’a pas l’intention de se laisser dicter sa conduite par un gouvernement qui œuvre plus à détruire le climat qu’à le sauver. Elle incarne une opposition face à la politique des Conservateurs. En soi, elle est un défi à la collusion entre celui-ci et les grandes entreprises polluantes, elle est l’espoir du pays pour qu’un jour celui-ci redevienne ce qu’il a pu être dans le passé, un faiseur de paix au niveau international.

(Et d’ici là, elle a du plain sur la planche)

Suivez moi sur Twitter à Durban : @V_LambertFerry

Lire Société civile canadienne dénonce l’inaction du gouvernement sur les changements climatiques

http://canadians.org/francais/energie/documents/Durban-declaration-1111.pdf

Voir la campagne contre les sables bitumineux (Draw The line at the Tar sands): http://www.drawthelineattarsands.com/index.php/why-draw-the-line/

Lire: Durban, le climat et la politique du pire

http://www.greenpeace.org/canada/fr/Blog/durban-le-canada-et-la-politique-du-pire/blog/38064/