Ce 8 juin 2010 n’aura pas seulement été la journée mondiale de l’océan, mais également un long marathon pour tout ceux qui se sont engagés aux cotés des deux de Tokyo.

Alors que la journée n’avait même pas encore commencée au Canada, Junichi et Toru faisait face au réquisitoire du procureur d’Aomori, ce dernier réclamant un an et demi de prison à leur encontre. Leur sort est désormais entre les mains des juges qui rendront leur verdict dans les mois à venir.

Cependant, beaucoup ne se sont pas résolus à attendre passivement que les magistrats japonais ne prennent leur décision et au fur et à mesure que le soleil se déplaçait vers l’ouest, des militants se sont rassemblés dans le monde entier pour interpeller l’opinion publique et les autorités japonaises. Ils réclament l’abandon des poursuites contre Junichi et Toru ainsi que l’ouverture d’une enquête sur les pratiques de l’industrie baleinière.

Ces militants étaient présents, ici, au Canada, et ils ont manifesté leur soutien à la cause des baleines et à leurs défenseurs. A Montréal, une cinquantaine de militants de Greenpeace se sont réunis à la Place du Canada pour soutenir les « Deux de Tokyo » A Vancouver, d’où la campagne pour protéger les cétacés fut lancée il y a maintenant plus de trois décennies, un cortège a marché le long du front de mer pour rejoindre la plage d’English Bay.

Rassemblé autour des bannières de Greenpeace, l’auditoire a pu entendre la responsable de la campagne pour les océans à Vancouver, Sarah King, lire une lettre de Junichi et rappeler la situation difficile et injuste dans laquelle se trouvent les deux de Tokyo. Barbara Stowe, fille de deux des fondateurs de Greenpeace, Irving and Dorothy Stowe, ainsi que Rex Weyler, ancien directeur de la fondation Greenpeace (1973 – 1982), ont ensuite pris la parole, ajoutant une nouvelle touche de solennité au rassemblement.

Ce qu’il ressort de ces discours, c’est la frappante interpénétration entre défense de l’environnement et lutte pour les droits de l’homme. Comme l’écrit Junichi, ‘l’affaire des deux de Tokyo n’est pas le seul exemple de protestation pacifique faisant l’objet de répressions, cela a déjà commencé à  se produire dans d’autres soi-disantes démocraties.’

Barbara Stowe a judicieusement rappelé que dans le pays ayant le plus large lectorat de journaux au monde, la population est paradoxalement très peu au fait des problématiques liées à la chasse à la baleine et au sort des militants qui s’y opposent.

Espérons que le bruit de la mobilisation à Vancouver et ailleurs dans le monde parviendra jusqu’aux oreilles des juges d’Aomori et que la justice infligera un camouflet aux autorités japonaises et aux baleiniers en reconnaissant l’innocence de Junichi et Toru.

Max Pacalet

Stagiaire pour la campagne Océan, Vancouver