Port d'Helsinki, ce matin, 10 h 30. Des dizaines de militants de Greenpeace Nordique se trouvent à bord d’un brise-glace de la compagnie Shell afin de l'empêcher de quitter le port d'Helsinki à destination de l'Arctique. Originaires de 13 pays, les 20 militants de Greenpeace sont montés à bord du Nordica et se sont attachés à travers tout le navire, des cabines jusqu'en haut du mât.

« Nous sommes ici pour lancer un appel au géant pétrolier Shell. Nous lui demandons de renoncer à ses plans controversés pour ouvrir l'Arctique au forage pétrolier. Vous pouvez manifester votre soutien en écrivant à Shell maintenant. »


« Nous sommes ici au nom des près de 400.000 personnes à travers le monde qui, en quelques mois, se sont prononcés, exigeant de Shell l’annulation de sa campagne de destruction de l'Arctique», a déclaré le directeur de campagne de Greenpeace en Finlande Tapio Laakso. « Les compagnies pétrolières savent très bien qu'un déversement d'hydrocarbures au large des côtes de l'Alaska aura des effets dévastateurs sur l'environnement et pourrait se révéler impossible à nettoyer. »

Pour la première fois dans notre histoire, nous sommes confrontés à la possibilité d'un monde sans glace au pôle Nord, à la disparition de l'habitat des ours polaires, des narvals et des morses. Il est fondamental pour la survie de ces espèces et la nôtre que Shell abandonne ses plans de forage en Arctique. Shell ne peut continuer de faire des milliards de dollars en allant extraire plus de pétrole, alors même que cette dépendance aux énergies fossiles se trouve être la cause des problèmes auquels nous devons aujourd'hui faire face, qu'ils soient climatiques, environnementaux ou sociaux.

Trois ans de ressources pétrolières

Appartenant au gouvernement finlandais, le Nordica est l'un des deux brise-glaces  contracté par Shell pour aller forer dans l’Arctique. Il se dirige vers l'Alaska pour rejoindre son navire jumeau, le Fennica, pour soutenir le Kulluk et le Noble Discoverer, deux navires de forage déjà en route vers la côte nord de l'Alaska avec pour mission de forer cinq puits d'exploration dans les Mers de Chukchi et de Beaufort plus tard cet été.

L’US Geological Survey estime que l’Arctique pourrait contenir jusqu’à 90 milliards de barils de pétrole. Cela semble beaucoup, mais ne répondrait en fait qu’à trois ans de la demande de pétrole dans le monde. Nous risquons donc de compromettre cet espace vierge qu’est l’Arctique pour trois ans de pétrole à peine. Sans compter que, là où le coût d’extraction d’un baril conventionnel se situe entre 10 et 40 dollars le baril, extraire un baril de pétrole en Arctique coûtera entre 40 et 100 dollars.


Malgré tout, Shell est la première compagnie pétrolière internationale à considérer l’exploitation de l'Arctique comme une opportunité et une priorité pour l'entreprise. S'ils trouvent du pétrole cet été, d'autres géants mondiaux vont se précipiter et provoquer une dangereuse ruée vers le pétrole de l'Arctique.

Nous tentons d'empêcher ça. Aidez-nous. Écrivez à Shell.