Mélanie Dupuis, activiste et bénévole pour Greenpeace, a été invitée à participer à un camp spécial pour les actions de protection des forêts en Allemagne. Elle partage avec vous  sa passion pour l'environnement et ses intérêts pour la protection des forêts anciennes dans le monde.



« Alors que les forêts publiques du Québec sont exploitées à un rythme alarmant, que le bassin de l’Amazonie est brulé pour l’agriculture, et que la production d’huile de palme détruit les forêts tropicales de l’Indonésie, il ne faut pas mettre de coté des pays comme l’Allemagne qui est aussi un pays victime de coupes forestières abusives. Responsable de l’émission de 20% des gaz à effet de serre, nous pouvons clairement constater que la déforestation et les coupes forestières destructrices sont un enjeu global. Les poumons du monde souffrent.

Situées majoritairement en Allemagne et au centre de l’Europe, les forets d’hêtres ancestrales constituent un écosystème riche en biodiversité et un grand territoire de puits de carbone. Six milles espèces, dont des espèces menacées comme le loup et lynx, dépendent de cet habitat naturel pour y vivre. Un tiers du pays est couvert de forêts mixtes, et 14 % est constitué de forets d’hêtres. Sur ce pourcentage, seulement 3 % sont protégés. Alors que l’Allemagne détient la responsabilité internationale de sauvegarder les dernières parties de cette forêt ancestrale, on constate un manque de transparence de la part du gouvernement ainsi qu’une gestion des coupes irresponsables et une politique de reboisement inefficace. Greenpeace exige la protection d’au moins 5 % des forêts en Allemagne et une  gestion durable pour le reste. Depuis 2010, plusieurs actions on été prises dont la création d’un camp dans la forêt d’hêtre de Speassart dans la province de Bavière, permettant d’enregistrer certaines donnés scientifiques et de faire la cartographie des territoires à protéger. L’expérience se poursuit cette année et en tant qu’activiste au sein de Greenpeace Québec, j’ai la chance  d’y participer et de camper dans cette magnifique forêt enchantée en Allemagne.

Au printemps dernier, j’ai appuyé la Nation Crie de Waswanipi dans leur lutte pour sauver une des dernières forêts vierges du Québec: la Vallée de la Broadback.  Il n’est pas nouveau de constater que ce peuple autochtone se bat contre le gouvernement et les compagnies forestières qui menacent leurs terres ancestrales et leurs activités traditionnelles comme la pêche et la chasse. Le printemps est justement le temps de la chasse à l’oie à Waswanipi. En visite au centre communautaire et dans les écoles, ceci m’a permis d’entendre les témoignages des ainés, enfants, maitre-trappeurs et représentants de la Nation et de comprendre leur réalité.  Durant ce voyage, j’ai été témoin de l’ampleur des dégâts qu’une coupe massive laisse derrière elle mais j’ai surtout admiré la beauté des endroits encore intacts de la vallée de Broadback. Comme pour les forêts du Québec, le contact avec les gens et la compréhension des impacts de la coupe forestière imposée sur le peuple m’amène à voyager en Allemagne. Alors que 85% des Québécois considèrent qu’il est important de protéger le Nord du Québec avant toute accélération de l’industrialisation, deux tiers des citoyens Bavarois désirent plus de protection dans leurs forets. Deux pays, la même bataille!

En tant que passionnée de la nature et des grands espaces, j’aimerais voir mon patrimoine naturel défendu, pour l’intérêt général de notre génération et de celles à venir. À mes yeux, le changement vient de citoyens témoins de crimes écologiques qui, parce qu’ils ont été sensibilisés aux enjeux environnementaux, ont choisi d’exprimer leur désaccord et de demander une meilleure gestion de nos ressources naturelles à travers des actions concrètes de désobéissance civile.

Exigeons la protection de nos forêts anciennes à travers le monde! »

Mélanie