Vous est-il déjà arrivé de commander des frites dans un restaurant pour les consommer sur place et de recevoir un petit contenant de ketchup en plastique? Avez-vous remarqué que la plupart des boissons, à l’exception du vin et de la bière, sont servies avec une paille en plastique? Ou encore qu’une foule de produits, comme l’emballage de certains sandwiches, les bouteilles de shampoing, les brosses à dents, les poignées de bicyclette, les sacs de croustilles, les couches, les peluches et peut-être même votre chandail contiennent du plastique? On trouve du plastique partout.

Matière excessivement commode, elle a également des effets néfastes sur la santé des gens, de la terre, du monde marin et de la faune. Le plastique cause des dommages dévastateurs, particulièrement sur la vie marine, notamment aux méduses, albatros et baleines. Voilà pourquoi, des amoureux des océans, comme vous, ont tenté de réduire leur « empreinte plastique » pendant sept jours durant la Semaine sans plastique du 10 au 16 juin (page en anglais seulement). Le bureau de Greenpeace à Vancouver a également participé à cette Semaine sans plastique ( Zero Plastic Week ) qui a vu le jour en Europe. Son objectif est d’amener le public à prendre conscience de notre dépendance injustifiée au plastique ainsi que de son effet dévastateur sur l’environnement.

Durant cette semaine, des gens de partout dans le monde s’engagent formellement à ne pas acheter de produits faits de plastique non recyclé (nouveau plastique). Ainsi, les participants sont à même de prendre conscience de l’ampleur du problème dans leurs habitudes quotidiennes et peuvent réfléchir à des moyens de mettre fin à la suprématie du plastique. Votre curiosité est piquée, mais vous n’êtes pas convaincu? Voici quelques faits explosifs sur le plastique. Peut-être avez-vous déjà entendu parler de « continent de plastique » ou du « vortex de déchets du Pacifique Nord » situé au nord des îles d’Hawaii ?
Il s’avère qu’il n’est pas unique : il en existe cinq.

Vortex océaniques

L’océan est traversé de tourbillons océaniques. Ce sont de puissants courants qui circulent en formant des cercles et qui rassemblent les déchets en leur centre.

Certains appellent ce vortex l’« île de déchets », mais il s’agit plutôt d’une soupe de déchets plastiques formée d’éléments encore identifiables et d’éléments broyés à un point tel qu’ils forment un liquide. Un grand nombre de produits en plastique se trouvent près de la surface de l’océan, mais certains types de plastique s’enfoncent dans l’eau, partiellement ou complètement, et contaminent les habitats situés dans le fond océanique. Une grande partie de ces déchets est rejetée sur les côtes et pollue les plages et le littoral.

Le plastique n’est pas biodégradable. Toutefois, il se désagrège avec le temps en particules si minuscules qu’elles finissent par ressembler au plancton, la base de la chaîne alimentaire marine, et sont ingérées par les organismes marins. Cette substance fabriquée par l’homme fait maintenant partie de la chaîne alimentaire marine. Elle est mangée par une espèce qui ensuite est mangée par une autre. Tout au long de cette chaîne, la toxicité du plastique s'accroit. Plus un animal ingère de particules de plastique, plus la quantité de ces particules augmentent dans son estomac. Le plastique ne contenant aucun nutriment, l’animal peut facilement s’affaiblir, tomber malade et mourir d’inanition. Des morceaux de plastique ont été retrouvés dans l’estomac de poissons, baleines, oiseaux marins, tortues et autres. Presque la moitié des oiseaux et des mammifères marins et au-delà de 80 % des tortues marines ont été en contact avec des débris, dont la plupart sont des objets faits en plastique.

Diminuer son empreinte

Nos océans font preuve d’une grande résilience, mais ils ont besoin de notre aide.
Voici quelques conseils pour tenter de minimiser son impact sur la pollution au plastique :

  1. Acheter en vrac et réutiliser les mêmes contenants. Les aliments en vrac vous permettent de réutiliser vos contenants. Demandez toujours de faire peser vos contenants avant de les remplir pour éviter les malentendus à la caisse. Il y a de plus en plus de commerces qui vendent toutes sortes de produits en vrac.
  2. Avoir toujours un sac réutilisable avec soi. Vous ne savez jamais quand vous ferez une petite épicerie… Pas besoin de deux sacs différents pour les fruits et les légumes. De toute manière, vous allez les laver!
  3. Acheter directement auprès des producteurs ou dans un marché de fermiers. Dans votre commande, vous pouvez spécifier que vous ne voulez pas d’emballage plastique. Les marchés de fermiers et la vente et distribution directes sont maintenant disponibles dans toutes les grandes villes canadiennes.
  4. Refuser toujours la paille en plastique dans les boissons servies au bar ou au restaurant et apporter ses propres contenants pour rapporter les restants de nourriture à la maison.
  5. Acheter une tasse et une bouteille réutilisable de première qualité et des ustensiles pour ses lunchs et ses déplacements.
  6. Conserver ses aliments dans des bocaux
    Les aliments cuits, les fruits et autres peuvent être conservés dans des pots massons ou des bocaux réutilisés. Ceci permet de garder encore mieux leur fraîcheur.
  7. Réutiliser ses contenants de verre. Ne jetez pas à la poubelle les flacons de marmelade, de marinade, de sauce : ce sont d’excellents tupperwares s’ils n’ont pas été remplis de substances toxiques.
  8. S'assurer de pouvoir recycler ses contenants en plastique s'il n'est pas possible de les réutiliser. Bien que plusieurs villes ont maintenant des programmes de recyclage avancé, le recyclage devrait être la dernière option à privilégier. Nous devons régler le problème à la source qui est le suremballage.
  9. Finalement, si vous sentez la frustration monter et êtes au point de tout laisser tomber, rappelez-vous que d’autres personnes mènent le même combat. Si vous commencez à perdre espoir, tapez sur Google « pollution plastique » et vous retrouverez votre inspiration. Avertissement : vous verrez aussi sur des images bouleversantes.

Le cauchemar d’un monde couvert de plastique est plausible, mais nous pouvons commencer à changer ce destin dès aujourd’hui, chez nous. Nos achats sont des votes qui peuvent dire clairement « non »  à la pollution plastique.



Pour plus d'infos :

Des personnes et des organisations remarquables s’affairent à faire comprendre les dangers et les effets néfastes de la pollution plastique sur nos océans. En voici une petite liste (anglais seulement) :

Zero Plastic Week
Algalita, Marine Research Institute

Clean Seas Coalition

Plastic Manners

Plastic Pollution Coalition

5 Gyres

 

 
* Sarah King est coordonatrice de la campagne Océans de Greenpeace Canada