Comme le leadership de Kimberly –Clark en matière d’environnement est rafraîchissant !  La semaine passé, le plus grand fabricant mondial de papiers hygiéniques (bien connu pour ses produits Kleenex, Scott et Cottonelle) s’est engagé à réduire son empreinte forestière de 50 pour cent!  

Greenpeace/Lorette DorreboomPlutôt que d’utiliser des fibres provenant de la forêt boréale canadienne ou de la forêt du Grand Ours en Colombie-Britanique, Kimberly-Clark se tourne vers le bambou et même vers les résidus agricoles pour la confection de ses produits. Résultat?  375 000 tonnes de pulpe des forêts vierges seront épargnées d’ici 2025! Le bambou est une herbe (la plus grande au monde) qui pousse très rapidement, peut-être planté dans des terres en friche et récolté plusieurs fois sans en affecter les racines et qui ne nécessite pas de pesticide ou d’engrais chimique. Qu'une compagnie comme Kimberly-Clark ait fait ce geste, après avoir utilisé des fibres de source forestière pendant près de cent ans, c’est ce que l’on appelle faire un grand saut en avant ! 

Cette décision n’est pas seulement une bonne nouvelle pour l’environnement, il s’agit aussi d’une judicieuse décision d’affaires. L’industrie des pâtes et papiers est reconnue pour ses fluctuations et pour son instabilité. En diversifiant ses sources de fibres, le fabricant de papiers hygiéniques se protège de cette instabilité.

Kimberly-Clark pèse plus de 32$ milliards de dollars et ses produits sont vendus dans 80 pays partout dans le monde.  Il y a fort à parier que ce virage de l’entreprise sera remarqué. Greenpeace espère que ce leadership amènera d’autres entreprises à faire de même.

Au moment d’écrire ces lignes, les pressions que subissent nos  forêts vierges ne sont pas soutenables. Si nous désirons protéger les espèces menacées que sont le caribou forestier, l’ours de la Côte-Ouest  et  le tigre de Sumatra, ainsi que leur habitat (la forêt tropicale indonésienne, la forêt du Grand Ours et  la forêt boréale) il est nécessaire de trouver des solutions afin de réduire la quantité de bois que l’on utilise et ainsi prévenir la dégradation des écosystèmes encore vierges. Il faut mettre un terme à la déforestation et surtout, arrêter de transformer nos forêts en produits jetables à usage unique.

Malgré cette excellente nouvelle, Kimberly-Clark a encore du pain sur la planche. L’entreprise doit s’assurer que ses nouvelles sources de fibres soient écologiques est socialement responsables et que les plantations de bambou n’entraînent pas à leur tour la déforestation de forêts vierges.  Également, la société se doit de prendre en considération l’empreinte climatique de ces nouvelles alternatives, entre autres en s’assurant que la fibre de bambou soit produite le plus près possible des marchés desservis.