Nathalie Normandeau, ministre des Ressources naturelles et de la Faune du Québec, a un parti pris en faveur de l’exploitation des gaz de schistes, une toute nouvelle filière énergétique qui est en pleine expansion au Québec.  Elle est loin de cacher ce préjugé favorable,  et ne cache pas, non plus, ses contacts fréquents avec l’Association gazière et pétrolière du Québec, dirigé par André Caillé.

Le moins qu’on puisse dire c’est qu’une véritable une levée de boucliers a débuté cette semaine, tant du côté des municipalités du Québec, que de plusieurs groupes écologistes. Ceux-ci exigent un moratoire sur tous projets d’exploration et d’exploitation le temps de faire un examen complet et indépendant de cette filière, des ses impacts et de la pertinence de la développer maintenant.  Cela devrait être l’étape numéro un de tous grands projets de développement industriels, surtout lorsqu’il s’agit d’entreprise étrangère qui vienne exploiter nos ressources, sur notre territoire.  

Et la forêt dans tout cela ?
Nous avons eu trop d’exemples de pillage de nos ressources naturelles par le passé, telles la surexploitation des forêts et la décontamination d’anciens sites miniers orphelins. Interrogée par Robert Dutrisac sur cette controversée question plus tôt cette semaine, la ministre Normandeau a cité le projet de loi 57 sur la forêt en exemple. Elle allégeait que le projet de loi 57 sur l’aménagement forestier durable avait permis d’assurer la mise en valeur des forêts et un aménagement responsable.

Oui !  La loi 57 a bel et bien permis certaines avancées, notamment la mise en place d’un aménagement écosystémique.  Le gouvernement du Québec a cependant très habilement omis de régler la question du manque de conservation des forêts intactes. Avant de déterminer comment exploiter nos forêts, ne doit-on pas déterminer quelles forêts on peut exploiter et surtout, quelles forêts on doit conserver ? Voilà une obligation que le gouvernement libéral n’a tout simplement pas remplie.