L’Afrique du Sud s’apprête à accueillir la 17e Convention Cadre des Nations Unies sur les changements climatiques, aussi appelée COP 17. Du 28 novembre au 9 décembre, nos yeux seront rivés sur les dirigeants du monde réunis à Durban pour se mettre d’accord sur une entente globale concernant le climat. Du moins…, c’est ce qu’on espère.

Tout le monde se souvient de l’échec cuisant que fût le Sommet de Copenhague en 2009. Le COP 16, organisé à Cancún en 2010, avait vu, malgré le scepticisme,  se dessiner les bases d’un accord global. Les gouvernements avaient, pour la première fois, non seulement reconnu l’écart entre leurs promesses actuelles et les défis représentés par les réductions de GES, mais avaient également admis que leurs cibles de réduction devaient être conformes à celle de la science, soit 25-40% d’ici 2020, afin des maintenir la hausse de température globale en dessous de 2 degrés.

« Cancún a peut-être sauvé le processus, mais il n'a pas encore sauvé le climat », avait alors déclaré Wendel Trio, Directeur politique Climat chez Greenpeace International. « Certaines personnes prédisaient la mort du processus, mais les gouvernements ont montré qu'ils sont capables de coopérer et d’aller de l'avant pour atteindre un accord global », avait-il ajouté.

Cette année, un rapport des Nations unies met les grands décideurs en garde : les canicules, les sécheresses et les fortes pluies vont se multiplier au cours du présent siècle. Les experts rappellent que ces événements ont des coûts économiques et humains importants.

« Ce rapport a le mérite de montrer l’urgence, a commenté Virginie Lambert-Ferry de Greenpeace Québec. Ça prouve qu’il faut une stratégie d’adaptation très forte et aussi que les pays développés doivent donner les outils techniques et financiers pour aider les pays en voie de développement. » 

Une autre représentante de Greenpeace Québec, Cyndie Dubois, est partie hier pour l’Afrique du Sud afin d’aller prêter main-forte à l’équipe de militants qui s’organisent déjà pour accueillir les dirigeants mondiaux et leur faire passer un message :

Politiciens : Écoutez les citoyens, pas les pollueurs!

L’année qui se termine aura vu naître de nombreuses révolutions. Mais alors que les changements climatiques menacent la sécurité et la paix mondiale, c’est aussi d’une révolution énergétique dont nous avons besoin.

Mais, bien que les accords de Cancún fussent un peu plus ambitieux sur le plan de la coopération, les décideurs semblent aujourd’hui plus préoccupés par la crise des marchés financiers que par la menace climatique. De nombreux experts estiment pourtant qu’échouer à trouver un accord pour mettre en place un plan de lutte contre la crise climatique avant 2015 serait un désastre, mais qu’une entente qui comprendrait des cibles de réduction trop faibles pour la prochaine décennie serait pire encore.

À Durban, les dirigeants mondiaux ne doivent pas passer à côté d’un accord qui amorcerait la transition vers une économie verte. Ils doivent s’entendre sur des cibles ambitieuses de diminution des émissions de GES en réduisant notre dépendance aux combustibles fossiles; encourager les investissements dans les énergies renouvelables et dans l’efficacité énergétique; et s’assurer de donner les moyens aux pays en voie de développement de s’adapter aux changements climatiques.

Enfin, pour terminer sur une note optimiste, un sondage de 2009 montrait que 73 % de la population américaine plaçaient les changements climatiques au sommet de leurs préoccupations. Depuis le Sommet de Copenhague, et malgré la crise économique sans précédent qui secoue le pays, ce pourcentage n’a fait qu’augmenter. Une tendance qui se généralise et qui n’est pas pour nous déplaire.