Aujourd'hui, comme chaque 8 juin, c'est la Journée mondiale des océans, une date établie lors de la première conférence de Rio en 1992 et qui représente une opportunité de nous rappeler les services que nous rend le plus vaste ecosystème au monde.

Les océans : origine de la vie

Bien qu'ils représentent le trois quarts de la surface de notre planète, nos océans sont les écosystèmes les moins protégés au monde. Sources importantes de protéines pour la population mondiale, nos océans fournissent aussi la moitié de l’oxygène présent à la surface de la planète. Leur santé est directement relié à la nôtre, car les océans nous permettent de combler nos besoins de base, soit se nourrir et respirer. Malheureusement, des problèmes croissants mettent en péril la résilience de ce biotope.

GEO 5, bilan de la destruction

Publié cette semaine, le  Global Environnemental Outlook 5, venant du programme des Nations Unies pour l’environnement, nous rappelle les dangers auxquels nos océans ont à faire face. Le rapport indique, entre autres, que la plupart des coraux dans les zones tropicales pourraient mourir d’ici 2050, la cause principale de cette mortalité étant attribuable à l’acidification des océans, elle même due à une trop grande absorption de CO2.

Ces 30 dernières années, nous avons vu une réduction de 38 % du nombre de coraux dans le monde. Et les mauvaises nouvelles ne s’arrêtent pas là. EN ce qui concerne les stocks de poissons, en 2008, 32 % sont décrits comme étant surexploités, épuisés ou en voie de reconstitutions.

Heureusement, ce rapport ne nous offre pas que des statistiques décourageantes. Il présente aussi de nouvelles données qui démontre que les solutions envisagées par Greenpeace ( 40% de réserves marines, réductions des flottes de pêches commerciales, transition vers des pêcheries durable) et la plupart des autres groupes environnementaux sont les bonnes. Entre autres, le rapport mentionne qu’un examen réalisé sur 112 études indépendantes dans 80 différentes zones protégées ont démontréque les populations de poissons étaient significativement plus élevées à l'intérieur des réserves marines que dans les zones environnantes.

Depuis 2004, Greenpeace prône la création d’un réseau de réserves marines répartit sur  40% de la superficie des océans. Des zones où toute exploitation commerciale ou industrielle (pêches commerciales, forages minier et pétrolier) serait interdit. Huit ans plus tard, la réalisation de ce projet d’envergure est maintenant sur le point d’obtenir une victoire importante.

Rio +20 : les gouvernements passeront-ils à l’action? 

Dans deux semaines, les gouvernements du monde se rencontreront à Rio pour, encore une fois, discuter de l'avenir de la planète.

Cette année, le vrai potentiel de Rio se trouve dans la possibilité d’établir une structure de gouvernance internationale sur les aires marines protégées. Avec seulement 1% des zones de haute-mer protégées, la communauté internationale se prépare à mettre en place un système qui pourra efficacement désigner de nouvelles aires marines où toute exploitation sera interdite.

Le texte final, qui sera débattu à Rio, comporte une section importante qui favoriserait la mise en place de cette solution. Le paragraphe, qui porte sur un accord exécutif pour l'établissement de réserves marines, est appuyé par la majorité des nations dont les membres de l’Union Européenne et du G77. C’est une opportunité de mettre en place un mécanisme global pour la protection de nos océans. Vu l'urgence, nos dirigeants ne peuvent échouer.

Pour que la Journée mondiale des océans devienne une date de célébration pour cet important écosystème, nos gouvernements se doivent d'agir et faire preuve d'une réelle volonté politique à Rio.

Sinon le 8 juin risque de devenir la date de commémoration de notre incapacité à nous entendre pour sauvegarder ce qui se trouve être le berceau de la vie sur Terre, l'océans.

 

Blogue lié : Journée mondiale : des océans au bord de l’épuisement