Whole Foods Market, une importante chaine américaine de supermarchés a annoncé (The New Times) qu’elle étiquettera les aliments contenant des organismes génétiquement modifiés (OGM) d’ici 5 ans.

Comme les États-Unis (et le Canada!) sont un des rares pays soi-disant « développés » qui refusent encore aux consommateurs le droit de savoir quels sont les aliments OGM vendus dans les  supermarchés, ceci est une annonce remarquable, d’autant plus qu’elle provient d’un pays que le lobby OGM a trop longtemps considéré comme un territoire de chasse gardée. La décision de Whole Foods est donc la bienvenue, même si certains groupes comme l’association (américaine) des consommateurs de produits biologiques (OCA)  exigent une mise en place plus rapide, dès 2015.

Le fait que Whole Foods occupe la niche des aliments santé, de qualité et représente environ 2 % du total de la distribution alimentaire aux États-Unis, explique en partie cette annonce. Cependant, le chiffre d’affaires de la chaine en 2012 était 11,6 milliards de dollars US est loin d’être négligeable en comparaison, par exemple, avec celui de Monsanto (13,5 milliards de dollars US).

L’étiquetage à terme des OGM par Whole Foods enverra un message clair à ses fournisseurs et pourrait avoir un effet d’entrainement sur les autres supermarchés.

A ce titre, il est important de se rappeler qu’en 2008, Walmart avait décidé de ne plus vendre du lait provenant de vaches traitées aux hormones de croissance bovine. Cette décision avait eu un effet d’entrainement sur beaucoup d’autres supermarchés qui avaient alors emboité le pas. Il est trop tôt pour savoir si l’annonce de Whole Foods aura des effets similaires.

Cependant, les vrais héros derrière l’annonce de Whole Foods sur l’étiquetage des OGM sont les citoyens et les consommateurs qui exigent de plus en plus de meilleurs aliments et plus sécuritaires, ainsi qu’une transparence accrue. Le « Food Movement » qui est en pleine croissance aux États-Unis commence à se faire entendre.

En novembre dernier, un referendum d’initiative citoyenne en Californie (« Proposition 37 ») dont l’objectif était l’étiquetage obligatoire des OGM fut battu par une faible majorité après que le lobby pro-OGM incluant Monsanto avait dépensé 45 millions de dollars US contre cette proposition.

Cette défaite a enragé de nombreux citoyens qui sont devenus encore plus vocaux et actifs. Un sondage récent confirme que 82 % des Américains pensent que les aliments OGM devraient être étiquetés et la campagne Just Label It  a déjà recueilli plus de 1,2 million de signatures.

Par conséquent, la décision de Whole Foods s’insère dans le contexte de la montée en puissance du « Food Movement » aux États-Unis pour des aliments sains et plus de transparence.

Si on ajoute à cela les craintes d’un nombre croissant d’agriculteurs qui voient les effets négatifs des cultures OGM et notamment l’apparition de super mauvaise herbes résistantes aux herbicides (voir la vidéo Growing Doubt) nous avons ici tous les éléments pour une tempête parfaite dont Monsanto et le lobby de la malbouffe ont si peur.

Morale de l’histoire? « YES we can… » gagner des batailles sur des enjeux alimentaires… même aux États-Unis!

Greenpeace fait campagne sur ces enjeux alimentaires et exige que les OGM ne soient pas disséminés dans l’environnement, car il a suffisamment d’indices scientifiques pour justifier une approche de précaution afin de protéger l’environnement et la santé.

Nous croyons en un avenir basé sur l’agriculture écologique comme étant la seule solution qui garantisse une agriculture et des aliments sains tout en protégeant le sol, l’eau, le climat et la biodiversité sans contaminer l’environnement avec des produits toxiques ou des OGM.

Plus d’info :

GE Crops in Agriculture – Greenpeace animation