Il y a quelques jours, l’Esperanza, un de nos navires présentement en mission dans le Pacifique afin d'observer les pêcheries dans le secteur, a fait une triste découverte. Lors d’une de nos patrouilles, notre équipage à intercepter un bateau à charge frigorifique provenant du Cambodge, le Heng Xing 1.

Des navires de pêche transbordent illégalement des thons dans le Pacifique

Ce bateau était alors en train de transférer du poissons dans d'autres navires afin de pouvoir continuer à pêcher en dehors des quotas permis. Cette opération, aussi appelée transbordement, se trouve être en parfaite violation de plusieurs lois internationales sur les pêches. L’Esperanza espérait pouvoir amener le navire et ses propriétaires en cour, mais, en l'absence de législation censé réglementer ce genre d'activité illégales au Cambodge, ils ont été forcés d'abandonner toute poursuite à l'encontre du Heng Xing 1. 

Lorsque notre équipe est intervenu, le navire battant pavillon cambodgien avait déjà commencé à faire du transbordement de plusieurs espèces de thons avec trois navires à senne coulissante, dont deux navires indonésiens (le KM 10 et le KM Starcki Starcki 11) et un navire philippin (le Sal 19). Suite à notre survol en hélicoptère, ces trois navires ont pris la fuite.

Malgré des appels répétés de Greenpeace à la commission des pêches de l' océan Pacifique Central et de l' Ouest (WCPFC), l'organisation régionale responsable de la gestion de la pêche au thon dans cette partie du monde, Greenpeace a été informée qu’aucune action ne pourrait être prise parce que le transfert illégal de poissons a eu lieu en eaux internationales et que le Cambodge n'est pas un état membre de la commission.

Le problème, c'est qu'environ 70% du thon vendu dans le monde provient du Pacifique. Ces ressources halieutiques représentent un important moyen de subsistance alimentaire et économique pour de nombreuses communautés côtières locales. Greenpeace travaille depuis plusieurs années avec les gouvernements du Pacifique pour lutter contre la surpêche et empêcher que des nations étrangères ne viennent piller ces zones de pêche.

Mais la gestion de ces ressources par la WCPFC démontre aujourd’hui ses lacunes. En fait, il s'agit d'un réel échec pour la préservation des stocks de thon, dans la mesure où l'organisation censée réglementer les pêches se trouve totalement dépourvue, comme c’est le cas  ici, quand vient le moment d'appliquer les lois en raison du fait que tous les pays ne sont pas soumis aux mêmes règles.  Ce qui nuit gravement aux efforts visant à assurer la santé des stocks de thon dans le futur.

 

Les navires ayant été pris en flagrant délit de transbordement ont tout de suite été signalés aux pays membres de la WCPFC. Greenpeace leur demande de prendre des mesures immédiates contre ceux-ci. Nous appellons également à la création de réserves marines dans quatre zones de la haute mer du Pacifique et à l’établissement d’un système juridique global qui permettrait la mise en application des lois sur les pêches en haute mer qui se retrouvent trop souvent ignorées.

Au Canada, la majorité du thon en conserve que l’on retrouve sur les tablettes des supermarchés provient de l'océan Pacifique Central et de l' Ouest. Greenpeace travaille actuellement avec les marques canadiennes de thon en conserve afin que celles-ci s’approvisionnent auprès de compagnies pratiquant une pêche durable et équitable. Concrètement cela signifie des compagnies utilisant des techniques de pêche moins dommageable pour l'environnement marin dans des zones situées en dehors des zones de réserves marines proposées par Greenpeace.  

À ce propos, découvrez quelles sont les marques de thon en conserve les plus écoresponsables avec notre Classement 2012 et apprenez-en davantage sur le refus de la marque la plus vendue au Canada, Clover Leaf, de s'approvisionner en thon pêché de façon durable