ADQL'Action démocratique du Québec est en Conseil général, à Victoriaville, les 29 et 30 septembre pour discuter d'environnement sous l'ambitieux thème « Environnement - la volonté d'agir ». Quelle différence par rapport à la campagne électorale durant laquelle l'ADQ avait déçu Greenpeace en ne répondant pas aux questions envoyées à tous les partis politiques !

Le Conseil général de l'ADQ va débattre de 26 propositions principales portant sur l'environnement et d'une dizaine d'autres provenant des associations locales. Il est à noter que les propositions de l'ADQ reflètent le consensus au Québec sur les objectifs de Kyoto. Quel contraste avec les conservateurs fédéraux de Harper qui se disent pourtant proche idéologiquement de l'ADQ !

Rappelons que le sondage Décima de la semaine dernière plaçait l'environnement comme la priorité des gens au Québec (46 %). Sur ce point, L'ADQ est au diapason avec l'opinion publique québécoise. Il faut donc saluer ce premier pas de l'ADQ vers une éco-gouvernance responsable.

Mais les propositions environnementales de l'ADQ tiennent-elles la route ? Dans l'ensemble des énoncés et des objectifs généraux la réponse est plutôt oui, mais comme tout est dans le détail des mesures et des moyens mis en place, il faudra prendre connaissance du document final adopté ainsi que du suivi que l'ADQ en fera.

Quels sont les bons points des propositions ? On peut en citer quelques-uns :

  • atteindre les cibles de Kyoto
  • adopter les normes californiennes pour les voitures à partir de 2009
  • la bourse du carbone
  • rediriger une partie de transport du fret des routes vers le transport maritime sur le St-Laurent
  • certification LEED pour l'éfficacité énergétique des bâtiments
  • cours sur l'environnement au primaire et au secondaire
  • augmenter les aires protégées en forêt (toutefois sans objectifs ni échéancier précis)
  • etc...

Bien sûr il reste des questions environnementales qui ne sont pas traitées. Faire prendre par exemple le virage vert à l'agriculture (ce qui va plus loin qu'aider les agriculteurs à prendre un simple « virage technologique » comme le dit la proposition 26). De plus, rappelons que la Commission sur l'avenir de l'agriculture et de l'agroalimentaire va remettre son rapport en janvier 2008, et il est donc fort à parier que l'agriculture et l'environnement seront des sujets chauds en 2008. Il serait souhaitable que l'ADQ (et les autres partis) creusent un peu plus le thème.

Malheureusement pour l'ADQ, les libéraux de Jean Charest ont anticipé le plan de l'ADQ sur la lutte aux algues bleues quoique le vrai test pour le plan gouvernemental commencera dès l'été prochain. Mais il reste beaucoup de chose à faire sur les algues bleues et l'ADQ pourrait s'inspirer de certaines des suggestions que Greenpeace a faites à Jean Charest.

En conclusion, Greenpeace souhaite que l'exercice de l'ADQ ne soit pas qu'un simple exercice de relation publique, mais bien au contraire, un important pas vers la 2e révolution tranquille, celle de l'écologie.