Pain OGM par MonsantoEn 2004, lorsque Monsanto, la multinationale des pesticides et des OGM (organismes génétiquement modifiés), a annoncé le retrait de sa demande pour le blé OGM tolérant à l’herbicide Roundup, nous savions que la victoire des agriculteurs canadiens, des consommateurs et des environnementalistes serait temporaire. Nos craintes sont désormais confirmées.

Le blé OGM en Australie : stratégie du cheval de Troie

En effet, il existe actuellement un projet de blé OGM en Australie où je me trouve actuellement pour aider nos collègues de Greenpeace Australie à combattre cette nouvelle offensive. Le blé OGM australien pourrait être commercialisé d’ici 2015. L’Australie serait ainsi le premier pays au monde à cultiver et à exporter du blé OGM.

Monsanto et le lobby des OGM ont bien appris les leçons de leur défaite de 2004. Cette fois-ci, la stratégie de l’industrie est de laisser une institution publique de recherche généralement bien perçue, le CSIRO (pour Commonwealth Scientific and Industrial Research Organisation), faire une étude sur le blé OGM et organiser des essais en champs et des tests sur les humains.

Malheureusement pour le lobby des OGM, Greenpeace veillait déjà au grain! En juillet 2011, deux militantes ont coupé du blé dans un essai en champs proche de Canberra, la capitale fédérale. Selon les autorités, cet essai en champs prévoyait aussi des tests sur des humains, non pas pour vérifier son innocuité, mais pour évaluer l’impact de la réduction du contenu en amidon du blé (et aussi de l’orge) OGM testés sur des intestins humains. En fait, ce blé OGM aurait été testé sur des humains seulement après 28 jours de tests sur des rats et des cochons. Rappelons que les tests les plus longs sur les animaux sont de 90 jours ce qui est, d’un point de vue clinique, inadéquat pour évaluer les effets à plus long terme. Je ne parle même pas ici des dimensions éthiques de testés ce blé OGM sur des humains.

Historiquement, la CSIRO a fait de bonnes recherches (sur le climat, sur la sélection assistée par marqueur, etc…). Malheureusement, comme beaucoup d’organisations publiques de recherche, ils subissent beaucoup de pression pour mener des recherche avec des partenaires privés.  Petit à petit, des lobbies industriels obtiennent de plus en plus d’influence dans les prises de décisions des organisations publiques de recherche comme la CSIRO (voir le rapport de Greenpeace Australie, en anglais seulement).

Derrière les recherches actuelles sur le blé en Australie par le CSIRO, les vrais marchants d’OGM (Monsanto = 90% des OGM vendus dans le monde) attendent une 1ère autorisation potentielle du blé OGM afin de faire avancer leur propre projet de blé OGM. Bref, la CSIRO est instrumentalisé comme cheval de Troie par le lobby des OGM !

L’abolition de la Commission canadienne du blé : se débarrasser d’un opposant au blé OGM

En décembre 2011, le gouvernement Harper a réussi à abolir le monopole de la Commission canadienne du blé (CCB) qui était une organisation contrôlée par les agriculteurs et qui leur permettait d’obtenir de meilleurs prix sur les marchés internationaux. La CCB avait été clair sur le refus du blé OGM par les agriculteurs au début des années 2000. L’abolition de la CCB par le gouvernement Harper n’est pas du tout innocente ! Elle constitue en fait la première phase pour faire taire l’opposition organisée des agriculteurs canadiens contre le blé OGM. 

C’est pour cela que Greenpeace Australie, en partenariat avec une coalition de groupes, a fait venir en février dernier deux agriculteurs canadiens de la National Farmers’ Union (NFU) afin qu’ils expliquent pourquoi les agriculteurs canadiens continuent à dire « non » au blé OGM. La raison est simple : environ 2/3 de la production de blé canadienne est exportée et environ 80% des acheteurs internationaux en interdisent l'importation. L’Australie exporte une proportion similaire.

En avril 2011, le GrainGrowers, une organisation australienne d’agriculteurs qui fournit la recherche indépendante, a aussi constaté un rejet quasi-généralisé du blé OGM par les clients de l’Australie. Greenpeace Australie a quantifié ce rejet à au moins 80% du marché d’exportation (voir analyse de Greenpeace : No appetite for Australian GM wheat, en anglais seulement).  Il est évident que le lobby des OGM est prêt à passer outre les opinions des consommateurs et des agriculteurs.

Greenpeace continuera de se battre pour empêcher l’arrivée du blé OGM. Vous pouvez nous encourager à continuer cette bataille pour que notre pain quotidien ne contienne jamais d'OGM!

 

Pour en savoir plus: lire le rapport de Greenpeace Australie : Australia’s Wheat Scandal – The Biotech takeover of our daily bread (en anglais seulement)