J'ai une impression de déjà vu,et pourtant... En l'espace de 24 heures, le Canada été pointé du doigt à la fois par les ONG internationales et l'Union européenne pour avoir abandonné nos objectifs de Kyoto.

De plus, le fait que la Ministre Ambrose n'a pas pris au sérieux sa fonction de présidente de la Conférence des Nations Unies sur les changements climatiques en 2005, la Conférence de Nairobi a failli faire déraper.

Un petit flashback s'impose. Montréal, 10 décembre 2005, aux petites heures du matin. Afin d'aider àdébloquer les négociations, le président de la Conférence de Montréal, l'ancien ministre de l'Environnement, Stéphane Dion, s'était engagé à faire un suivi à propos d'une demande de la Fédération de Russie. Ce faisant, le Canada avait donné sa parole qu'il ferait un suivi en bonne et due forme et qu'iltenterait de trouver une solutionà la demande russe durant l'année.

Entrent alorsen scène, le mois suivant,les conservateurs de Stephen Harper et sa nouvelle ministre de l'Environnement, Rona Ambrose. Or qu'a fait au juste celle-ci pour honorer l'engagementdu Canadaau sujet de la Russie? Un coup de téléphone. Hé oui, elle a téléphoné au ministre russe de l'Environnement afin de discuter de leur proposition.

Comparons le zèle Rona Ambrose à ce qu'avait fait le gouvernement précédent. Avant d'entreprendre, en 2005,la présidence de la Conférence de Montréal, le gouvernement de Paul Martin avait nommé deux ambassadeurs à l'environnement pour épauler le travail du ministre Dion. À trois,l'équipe aprocédé à plus d'une cinquantaine de rencontres avec des représentants de différents pays afin de bien préparer le terrain pour Montréal.

Mme Ambrose, elle, a fait un téléphone.

Et finalement,l'actuelle ministre de l'Environnement du Canadan'a pas senti le besoin de se présenter à la cérémonie d'ouverture de la Conférence de Nairobi alors qu'elle devait la présider. Non, elle a préféré envoyer une vidéo dans laquelle elle souhaitait la bienvenue aux participants de la conférence (qui eux s'étaient donnés la peine de se déplacer) et rappeler à quel point le réchauffement climatique est un enjeu important.

Remarquez, une vidéo c'est peut-être déjà mieux qu'un coup de téléphone!