greenpeace corn action duringCette semaine, a lieu à Montréal, une rencontre des Nations-Unies pour élaborer un cadre de responsabilité civile en cas de contaminations génétiques causées par les OGM. Ce cadre est prévu par le Protocole de biosécurité qui a été ratifié par 139 pays sauf le Canada et les États-Unis. Le Canada qui participe à la rencontre comme non-partie a réclamé hier « une discussion sur le type d'instrument légal » désiré, ce qui signifie en language clair que le Canada ne veut pas d'un cadre de responsabilité stricte et obligatoire. Pas surprenant, car comme étant l'un des 4 principaux producteurs d'OGM au monde, le Canada ne veut pas payer les dommages causés par les OGM ! Si les OGM étaient aussi sécuritaires que le gouvernement du Canada le prétend, pourquoi s'opposer tant à un régime strict et obligatoire de responsabilité ? Poser la question, c'est y répondre. 142 cas de contaminations par les OGM ont déjà été répertoriés dans le monde. Il faut que les Monsanto et les Bayer de ce monde acceptent leur responsabilité entière dans la contamination provenant des OGM. Pour se tenir au courant de ce qui se passe à cette rencontre de Montréal, passez par ici.

LE DEVOIR 21 février 2007

OGM: le Canada ne veut pas payer pour les dommages

Louis-Gilles Francoeur

Le Canada voudrait que la conférence internationale de Montréal sur le cadre de responsabilité civile qui devrait s'appliquer en cas de contamination biologique débatte de la pertinence d'utiliser un pareil moyen juridique pour encadrer l'action des multinationales plutôt que d'en définir les modalités maintenant.

La position canadienne a été vivement dénoncée hier par Greenpeace, qui estime que le Canada tente ainsi de remettre en question un acquis du Protocole sur la biosécurité, lequel a été ratifié par 139 pays, sauf le Canada et les États-Unis. Ce protocole prévoit la mise au point d'un cadre juridique pour permettre aux tribunaux nationaux et internationaux d'établir la responsabilité des multinationales et des acteurs locaux lorsque les semences ou les espèces naturelles seront contaminées par des produits génétiquement modifiés.

Pour le Canada, qui participe à la rencontre à titre d'observateur, plutôt que de s'engager dans la mise au point de règles juridiques contraignantes, il faudrait plutôt avoir une «discussion sur le type d'instrument légal» pertinent dans cette affaire.

En clair, explique Josh Brandon, de Greenpeace, le Canada -- un des quatre principaux producteurs d'OGM sur la planète -- «ne veut tout simplement pas payer pour les dommages causés par les OGM» ou faire payer les multinationales dont les produits pourraient contaminer des cultures ou des écosystèmes.

On a recensé jusqu'à présent 142 cas de contamination par les OGM sur la planète. Aux États-Unis, la société Bayer fait l'objet de plus de 60 poursuites en rapport avec son riz LL601, qui aurait contaminé des souches naturelles. En Saskatchewan, nombre de cultivateurs déplorent ne plus pouvoir cultiver de colza en raison de la contamination et ont amorcé des poursuites contre les fabricants.

Greenpeace a produit hier un rapport qui vise à recenser annuellement les cas de contamination dans le monde, de concert avec le groupe britannique GeneWatch UK. On y apprend que le tiers de toutes les contaminations résultent de la présence de maïs GM dans les milieux ruraux depuis 10 ans. Jusqu'ici, les gouvernements ont mis l'accent sur les moyens de protéger les semenciers et les utilisateurs de produits génétiquement modifiés. Pour Greenpeace, les gouvernements doivent désormais inverser la procédure et protéger les consommateurs et les agriculteurs qui réclament ou utilisent des produits naturels contre la contamination biologique.