Depuis le 22 avril dernier, 250 pesticides incluant le controversé herbicide Roundup de Monsanto sont interdits pour les utilisations esthétiques. Comme le souligne, fort justement, Louise-Gilles Francoeur dans le Devoir, l'Ontario va bien plus loin que le Québec où l'utilisation des pesticides augmentent.  Prenez deux minutes pour agir maintenant!

Pesticides: l'Ontario va beaucoup plus loin que le Québec

 

 

Louis-Gilles Francoeur Édition du vendredi 06 mars 2009

L'Ontario bannira à compter du 22 avril deux fois plus de pesticides que le Code québécois, prenant le leadership dans ce domaine à l'échelle du continent, selon les milieux de la médecine et de l'écologie.

Les 250 pesticides bientôt interdits ne pourront plus être utilisés à des fins esthétiques pour les parterres, pelouses, parcs et cours d'école. Mais, contrairement au Québec, ces produits potentiellement dangereux vont aussi être interdits d'usage dans les jardins.

Et, contrairement au Québec, la vente dans les magasins de ces produits toxiques sera carrément interdite. Les nouvelles règles ontariennes bannissent ainsi l'usage dans ces différents endroits de plus de 95 ingrédients de fongicides, d'herbicides et d'insecticides, qu'englobe la définition générale de pesticides.

Comme au Québec, les terrains de golf devront soumettre et faire approuver un plan de gestion «intégré» de leurs pesticides, dans lequel ils devront démontrer qu'ils utilisent toutes les méthodes douces et alternatives disponibles. Mais -- ce que Québec n'a pas osé faire -- les clubs de golf devront publier leur bilan annuel, les types de pesticides et les quantités utilisées, et tenir une soirée publique où chacun pourra critiquer leurs pratiques ou y aller de propositions concrètes.

L'Ontario bannit aussi l'usage et la vente à des fins esthétiques de l'insecticide Merit, encore très utilisé contre les insectes de parterre au Québec, ainsi que de l'herbicide Round Up de Monsanto. Au Québec, ces deux produits parmi les plus populaires sont toujours autorisés malgré les recommandations des milieux de la santé et des écologistes qui préconisent une approche préventive. Enfin, la province voisine aura mis en place en moins d'un an ces nouvelles règles alors qu'il a fallu trois ans au Québec pour les appliquer.

D'autre part, les nouvelles règles ontariennes interdisent la vente et l'usage à des fins esthétiques du 2,4-D, un herbicide produit par Dow AgroScience. On se souviendra que cette société des États-Unis poursuit le Québec parce que notre Code des pesticides contreviendrait à la liberté de commerce que lui garantirait l'ALENA. La filiale de Dow Chimicals réclame deux millions de dollars en dédommagement.

Comme au Québec, les règles ontariennes prévoient plusieurs exceptions pour l'agriculture, la foresterie et les cas spéciaux, comme des épidémies. Certains pesticides seront autorisés encore un temps, mais les commerçants devront éventuellement les cacher derrière le comptoir. Ils ne pourront les vendre sans fournir la liste des usages interdits.

Le règlement ontarien a été applaudi comme le plus progressiste en Amérique du Nord. Si plusieurs soulignaient le rôle de pionnier joué par le Québec, tous s'entendaient pour dire, du côté d'Équiterre comme à l'Association canadienne des médecins pour l'environnement ou à l'Association canadienne du droit de l'environnement, que l'Ontario vient de créer un nouveau standard. Et tous l'ont félicité pour oser faire face aux multinationales comme Dow.

Au Québec, Dave Leclerc, l'attaché de presse de la ministre du Développement durable, de l'Environnement et des Parcs, Line Beauchamp, félicitait l'Ontario «d'avoir suivi les traces du Québec». Il reconnaissait que l'Ontario allait sensiblement plus loin que le code québécois et ajoutait, «sans prendre d'engagement, qu'on analyse avec intérêt leur règlement».