Hier, le 25 avril, la compagnie de pipelines TransCanada a amorcé ses travaux de levés sismiques pour le projet de port pétrolier situé à Cacouna, dans l’habitat essentiel du béluga. Greenpeace était sur l’eau pour dénoncer ce projet irresponsable au nom de tous les Québécois et Québécoises qui n’ont pas encore eu l’opportunité de s’exprimer sur cet enjeu.

En effet, l’examen de ce projet par l'Office national de l'énergie et le Bureau d’audiences publiques sur l’environnement (BAPE) n’a pas encore eu lieu, donc ni les impacts cumulatifs des travaux et des opérations ni la volonté des citoyens n’ont été pris en considération.

Charles Latimer, Responsable de la campagne Océans parle aux médias pour confirmer la présence des travaux sismiques (Photo: © Greenpeace/Nicolas Falcimaigne)

L’équipe Greenpeace, accompagnée d'un guide de kayak et d'un photographe, a pu approcher le bateau utilisé par TransCanada pour déterminer l’état des lieux. Bien que les images à la surface puissent donner une apparence inoffensive aux travaux, il n'y a aucun doute que les levés sismiques qui étaient en cours sous l’eau peuvent avoir eu un effet extrêmement néfastes pour les bélugas et les autres mammifères marins.  Les opérations de levé sismique utilisent des “canons” sonores qui peuvent atteindre jusqu’à 228 décibels.  Un niveau qui peut créer des dommages permanents aux baleines et aux phoques se trouvant à proximité.

 Des pinnipèdes étaient présents dans la zone où les travaux étaient effectués. (Photo: © Greenpeace/Nicolas Falcimaigne)

Avis des scientifiques : arrêt immédiat des travaux

Pendant que nous étions sur l’eau, trois scientifiques provenant du Groupe de recherche d’éducation sur les mammifères marins (GREMM), de l’institut national d’écotoxicologie du Saint-Laurent et du Centre québécois sur la santé des animaux sauvages de la Faculté de médecine vétérinaire de l'Université de Montréal ont demandé à TransCanada de suspendre ses travaux immédiatement. Ils ont écrit : « Ces risques ne peuvent être ramenés à des niveaux acceptables dans la perspective où ces activités sont évaluées à la pièce, sans tenir compte des impacts cumulatifs sur la population des bélugas. »  

Un des missions les plus importantes pour Greenpeace est d’attirer l’attention sur ce que nos scientifiques nous disent quand nos politiciens sont aveuglés par les promesses de croissances économiques à court terme. Dans ce cas, la survie des bélugas dans l’estuaire du Saint-Laurent est mise en péril, mais sa disparition ne sera qu’un symptôme d’un problème beaucoup plus grand : la mise en danger de l’écosystème marin au complet et de tous ceux qui en dépendent.

 L’équipe de Greenpeace a continué sa surveillance du port le samedi 26 avril. (Photo: © Greenpeace/Nicolas Falcimaigne)

L’impensable est permis

De retour sur la terre ferme, nous avons aussi appris l’impensable, même après avoir reçu un avis scientifique du ministère des pêches et océans, qui spécifiait qu’aucun travail sismique ne devrait avoir lieu après le 30 avril à cause du nombre élevé de bélugas dans la région, la compagnie a reçu l’autorisation d’effectuer des forages au large du port de Cacouna.  Bien que les tests sismiques nous paraissent aberrants, cette nouvelle autorisation de forer au milieu d’un habitat essentiel, aussi connu pour être une pouponnière pour les bélugas, et durant la saison la plus critique, est complètement impensable.

Greenpeace soutient les groupes locaux

L’équipe de Greenpeace sera présente demain à la manifestation prévue à Cacouna, car nous croyons véritablement que dans l’absence de considération pour l’opinion publique et celle de nos scientifiques, c’est le devoir des citoyens de passer à l’action!

La manifestation est prévue à 11:00 au 425, rue de l'Église, à Cacouna.

On espère vous y voir!

PS : Si vous ne pouvez pas être présent(e)s, montrez votre solidarité en affichant l'image suivante sur vos réseaux sociaux (clic droit sur l'image).
Merci!