Donner le goût du Québec est le titre du livre vert sur la politique bioalimentaire déposé récemment par M. Corbeil, le ministre de l’Agriculture. Ce livre vert fera l’objet de consultations parlementaires en septembre prochain.
Il faut en efet absolument préparer l’agriculture et toute la société québécoise aux défis alimentaires du 21e siècle en renforcant notamment la résilience écologique de l’agriculture face aux conséquences des changements climatiques ainsi qu'en préparant la transition vers une agriculture post-pétrole et post-chimique. Les propositions de ce livre sont malheureusement bien en deça des attentes qu'il avait suscitées pour relever ces défis.
La Commission Pronovost pour rien ?
Ce livre vert, publié par le gouvernement, est décevant, car trop vague pour vraiment encourager la mise en place des recommandations faites en 2008 par la Commission Pronovost (Commission sur l’avenir de l’agriculture et de l’agroalimentaire au Québec – CAAAQ). Greenpeace partage donc la déception des nombreux acteurs travaillant sur ce dossier.
Rappelons que Greenpeace avait, comme des centaines de groupes et d’individus, participé aux audiences de la CAAAQ en 2007 et soumis un mémoire sur la bioénergie et un sur l’agriculture écologique. Le Réseau québécois contre les OGM (RQcOGM) duquel Greenpeace fait partie, avait aussi présenté un mémoire sur les OGM.
Suite au dépôt du rapport de la commission Pronovost, il aura donc fallu 3 ans au ministère de l'agriculture pour accoucher d'un tel livre.
« Consommateur au coeur du projet »... mais toujours sans étiquetage obligatoire des OGM ?
Le ministre de l’Agriculture veut mettre le « consommateur au cœur de ce projet de loi ». C’est bien ! Cependant, si les consommateurs veulent faire un choix éclairé, ils doivent impérativement être informés. Pour cela, Greenpeace demande toujours l’application de la recommandation 39 du rapport Pronovost :
• mise en place sans délai de dispositifs d’analyse et de traçabilité qui permettront de généraliser l’étiquetage des produits génétiquement modifiés au Canada;
Au-delà de l’étiquetage obligatoire des OGM dont la mise en place est prévue dans la future politique bioalimentaire du Québec, l’agriculture québécoise doit s’orienter vers la production d’aliments sains, tant pour la santé des agriculteurs que pour celle des consommateurs.
On est forcé de constater qu’en 2011 on attend toujours l’étiquetage obligatoire des OGM malgré les promesses faites par Jean Charest en 2003 ! Donnons le goût au gouvernement de tenir ses promesses !