Une manifestation à laquelle participent des milliers de personnes provenant de tous les milieux, voilà ce qui arrive lorsque vous poussez les Canadiennes et les Canadiens au pied du mur. Voilà ce qui arrive lorsque les gouvernements ne tiennent pas compte de la volonté des gens et tentent de leur faire avaler de force leurs projets d’affaires. Lorsque nous nous mobilisons, c’est que la situation est grave, et nous passons à l’action.

Nous ne permettrons pas à ce gouvernement et aux sociétés qui en sont maîtresses de souiller notre pays et nos côtes. Ces grandes entreprises et le gouvernement nous servent de nombreux arguments. Maintenant, ce sont eux qui doivent nous écouter. Le temps est venu de faire place à la parole citoyenne.

Nous ne leur permettrons pas de détruire nos côtes au nom de la prospérité. En fait, il s’agit d’une « prospérité » bidon puisqu’une fuite d’un pipeline ou d’un navire pétrolier sera inévitable. C’est une prospérité qui nous condamnera à subir les conséquences de changements climatiques irrémédiables.

Nous voulons un monde dans lequel nous pourrons faire usage de l’électricité sans créer des bassins à résidus, sans causer des événements climatiques extrêmes ou sans entraîner la fonte de la calotte polaire. Nous voulons un monde dans lequel une économie de l’énergie n’existera pas aux dépens des droits des Premières nations. Nous ne voulons pas d'un monde où nous devons vivre avec le risque de subir des déversements de pétrole catastrophiques pour assurer des emplois.

L’acheminement de bitume vers la côte entraînera assurément des déversements, et nous le savons. Malgré toutes les précautions qu’Enbridge ou Kinder Morgan prendront, c’est inévitable, et nous savons très bien qu’il est impossible de « ramasser » le pétrole.

La bonne nouvelle, c’est qu’il peut en être autrement. Nous pouvons assurer des emplois pour l’avenir, dans une économie fondée sur des énergies propres.  Nous possédons les technologies nécessaires. Nous ne sommes pas obligés de construire des pipelines qui risquent de fuir ni de forer dans les régions vierges de l’Arctique. Nous pouvons adopter la voie des énergies renouvelables sans sacrifier notre économie.

En date du 26 mai de cette année, l’Allemagne avait satisfait la moitié de ses besoins en électricité grâce à ses installations d’énergie solaire. Cette quantité d’électricité correspond à celle qui aurait été produite par 20 centrales nucléaires opérant à pleine capacité. Si les propriétaires de cellulaires utilisaient l’énergie solaire pour charger leur appareil, l’énergie économisée pourrait répondre à TOUS les besoins énergétiques de l’Allemagne.

À la suite de l’accident nucléaire qui s’est produit à Fukushima, le Japon a mis en place un plan musclé visant à éliminer progressivement l’énergie nucléaire et à investir dans les énergies renouvelables.

Imaginez donc! En 20 ans, le Japon et l’Allemagne posséderont une main d’œuvre technique compétente et auront accès à des énergies renouvelables dont les sources sont gratuites, et ce sans construire des réacteurs coûteux et sans se soucier du prix du baril de pétrole ou d’une tonne de charbon. Ils posséderont l’avenir.

C’est là que nous avons besoin de l’aide du gouvernement, non pas pour accorder des allégements fiscaux aux industries de combustibles fossiles, non pas pour introduire une loi omnibus qui vide les lois environnementales de toute substance. Nous avons besoin d’un gouvernement qui a la volonté d’investir dans une nouvelle économie verte pour sauvegarder notre beau patrimoine naturel, qui évitera à nos enfants de vivre de terribles ravages causés par les changements climatiques et qui respectera les droits des Premières nations.

Nous n’avons pas besoin de ce pipeline qui déversera du pétrole sale sur notre beau pays. Nous avons besoin du soutien des gouvernements de la C.-B. et du Canada. Ceux-ci doivent cesser de soutenir leurs petits amis et demeurer concurrentiels et forts en appuyant la population et en choisissant un avenir axé sur les énergies renouvelables. 

Notre message aujourd’hui est simple. Les gouvernements ne pourront plus nous ignorer et les grandes sociétés pétrolières ne nous bousculeront plus. Tous les gens qui étaient au sit-in se sont engagés à ne cesser les actions que lorsque le projet de pipeline sera abandonné. Ce n’est que le début. Nous passons à l’action.