Dix-huit mois après Fukushima, le Japon vient d'annoncer sa décision de mettre fin à sa dépendance à l'énergie nucléaire d'ici 2030.  Il viendra s'ajouter à la liste des pays qui ont déjà fait le choix de la sortie du nucléaire, l'Allemagne et la Suisse, suite à la catstrophe de Fukushima notamment, mais aussi en raison des coûts exorbitants et des dangers que fait courrir cette industrie aux populations et à l'environnement. 

Il s'agit là d'un incroyable pas en avant pour un pays qui était autrefois dépendant du nucléaire à hauteur de 30 pour cent de son approvisionnement en énergie. Une victoire citoyenne également, car c'est notamment grâce une vague de protestations, la « Révolution Hortensia », que le gouvernement a pris cette décision historique, dans un pays plus connu pour son extrême respect de l'autorité que pour sa pratique de la désobéissance civile. 

La renaissance du nucléaire n'aura pas lieu

Cette annonce survient alors que deux réacteurs nucléaires ont été récemment mis à l'arrêt en Belgique suite à la découverte de fissures dans les cuves des réacteurs.

L'Espagne a elle aussi l'intention de fermer sa centrale de Garoña en Juillet 2013.

Au Québec le scénario semble prendre une direction similaire, puisque le nouveau gouvernement de Pauline Marois s'est engagé à faire fermer la centrale de Gentilly-2. Greenpeace salue et encourage cette décision. « À moins que le gouvernement ne décide de dépenser 3 milliards dans la reconstruction de la centrale, Gentilly-2 devrait être définitivement fermée le 31 décembre 2012 » a commenté Shawn-Patrick Stensil, analyste nucléaire pour Greenpeace Canada. 

Le chemin à parcourir est tout à fait clair

Au Japon, Greenpeace a accueilli avec prudence la nouvelle « stratégie énergétique et environnement », une décision attendue depuis longtemps. En effet, nous croyons que planifier la sortie complète du nucléaire sur 18 ans est encore beaucoup trop long. 

Le Japon a démontré cet été qu'il pouvait vivre sans l'énergie nucléaire après qu'aucune pénurie d'électricité n'ait été signalée malgré la fermeture de 50 réacteurs sur les 52 autrefois anciennement en fonction. 

De plus, Greenpeace a montré dans son scénario de transition énergétique « [R]évolution énergétique » que la mise en place de programme d'efficacité et d'un cocktail approprié d'énergies renouvelables peut profiter à la reprise économique du Japon et permettre au pays d'atteindre ses cibles de réductions d'émission de gaz à effet de serre d'ici 2020, comme prévu dans le Protocole de Kyoto. 

Le Japon n'a pas besoin de redémarrer les réacteurs nucléaires fermés après la catastrophe de Fukushima. Il doit montrer la seule bonne stratégie possible : la sortie du nucléaire.

Pour information :
La sortie du nucléaire civil a été mise en place en Autriche (1978), en Suède (1980), en Italie (1987), en Belgique (1999. En l’état actuel des textes la première phase de sortie est programmée pour 2015), en Allemagne (qui a commencé en 2000 et confirmé en 2011) et en Suisse (2011). Le 13 juin 2011, 25 millions d’Italiens (94% des votants) ont dit “non” à la relance du nucléaire voulue par Silvio Berlusconi.

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légende de la carte :

 

Pays ayant annoncé une sortie du nucléaire
Pays en chemin vers une sortie du nucléaire
Pays partisan du statu quo
Pays s’engageant dans le nucléaire