Le rapport de l’ISAAA, un lobby pro-OGM,  ne parvient pas à démontrer le bien-fondé des cultures transgéniques – à l’échelle mondiale, ces cultures se concluent par un échec.

Greenpeace a fait part de sa réaction relativement au rapport publié par l’ISAAA (International Service for the Acquisition of Agri-biotech Applications), un complice de l’industrie biotechnologique, portant sur les prétendus succès des cultures transgéniques à l’échelle mondiale.

« Contrairement à ce qu’affirme le rapport, les cultures transgéniques demeurent un échec. En effet, on estime que seulement 1 % des cultivateurs à travers le monde utilisent des semences GM» [i], a déclaré Lasse Bruun, responsable de campagne à Greenpeace International.

Concentration en Amérique

En Europe, les cultures transgéniques ne couvrent que 0,06 % des zones agricoles. L’Inde et la Chine ne cultivent pas de produits génétiquement modifiés et les perspectives d’une adhésion à cette méthode de culture par ces économies émergentes sont minces, compte tenu de la décision novatrice de l’Inde d’imposer un moratoire sur la culture des aubergines génétiquement modifiées en 2010 [iii]. S’ajoute à cela la décision de la Thaïlande de tourner le dos à la culture du riz transgénique [iv] et celle du gouvernement de Chine d’interrompre la commercialisation du riz génétiquement modifié [v].

Il s’avère que 80 % de la superficie totale des cultures transgéniques à travers le monde se trouve dans quatre pays des Amériques (les États-Unis, le Canada, le Brésil et l’Argentine). Il faut dire que la plupart des pays ont rejeté ces méthodes de culture, malgré 16 années de stratégies agressives de commercialisation et de marketing visant à les imposer.

Stagnation des OGM au Québec

Les OGM n’occupent qu’environ 11,66 % de toutes les terres agricoles du Québec. Selon les chiffres les plus récents de statistique Canada sur les trois cultures transgéniques principales, l’augmentation des superficies du mais, soya et canola furent respectivement de 3,5 %, 7 % et  4 % entre 2009 et 2010.

Les OGM au Québec sont principalement du maïs presqu’aux deux tiers (65 %), du soya pour 31 % et moins de 3 % pour le canola, une proportion stable depuis le début des années 2000.

La situation en Europe

Les Européens ont rejeté avec vigueur l’utilisation des cultures transgéniques, comme en fait foi le million de signatures recueillies par Greenpeace en 2010 [vi]. Récemment, BASF, le chef de file mondial de l’industrie chimique, a annoncé son intention de déménager son laboratoire européen spécialisé dans le développement des cultures transgéniques aux États-Unis. La société a déclaré qu’il s’agissait d’une décision d’affaires se fondant sur le constat de l’échec commercial de son produit phare, la pomme de terre Amflora. De façon plus déterminante, BASF a reconnu que ce ne sont pas seulement les citoyens et les gouvernements qui se sont élevés contre les cultures transgéniques, mais les cultivateurs également [vii].

Comment ‘’jouer’’ avec les chiffres ?

 L’ISAAA prétend que l’augmentation de 25 % des superficies accordées à la culture transgénique en Espagne constitue un chiffre impressionnant. Toutefois, cette augmentation en Espagne représente dans les faits une augmentation totale de 114 000 hectares pour l’ensemble du territoire de l’UE. Cette croissance, somme toute négligeable, ne peut être qualifiée de succès pour l’industrie. Au contraire, il s’agit plutôt d’une victoire des citoyens européens qui n’ont cessé de manifester contre les cultures génétiquement modifiées. Après trois décennies de recherches et près de vingt ans de commercialisation et de stratégies vigoureuses de promotion, l’industrie n’affiche aucune progression.

L’ISAAA amplifie de façon démesurée l’importance des cultures transgéniques, non seulement en ce qui a trait à la superficie cultivée, mais également ce que l’on nomme les caractéristiques des plantes GM. Cela signifie que si une plante particulière est cultivée sur 100 hectares, l’ISAAA fonde son calcul sur le nombre de caractéristiques insérés dans le sol plutôt que sur la superficie de 100 hectares. Par conséquent, dans le cas d’une récolte qui compte par exemple trois caractéristiques (plantes pesticides + tolérance à l’herbicide glyphosate + tolérance à l’herbicide dicamba), le calcul est effectué selon la formule 3 fois 100 hectares, donc 300 hectares, une méthode qui fausse la réalité et induit en erreur.

 

 

[i]Selon le rapport de l’EICSTAD sur l’agriculture mondiale, environ 2,6 milliards de personnes à travers le monde dépendent de l’agriculture pour leur survie. Selon les statistiques de l’Organisation internationale du Travail (OIT), 1,2 milliard de personnes travaillent dans le domaine agricole. Par conséquent, en comparant ces chiffres avec ceux de l’ISAAA, nous pouvons conclure que seulement 0,5 ou 1,1 % des cultivateurs à travers le monde ont recours à la culture transgénique, ce qui signifie que 99 % des cultivateurs ont décidé de bannir les OGM de leurs champs.

 

[iii]http://www.greenpeace.org/international/en/news/features/monsanto-GE-brinjal100210/

[iv]http://www.greenpeace.org/international/en/news/Blogs/makingwaves/ge-free-rice-victory-for-farmers-and-consumer/blog/35096/

[v]http://www.greenpeace.org/eastasia/specials/gpm01/

[vi]http://www.greenpeace.org/international/en/campaigns/agriculture/solution-ecological-farming/take-action/EU-Petition/

[vii]http://www.greenpeace.org/international/en/news/Blogs/makingwaves/chemical-giant-basf-flees-europe-no-bad-potat/blog/38725/