Herbes chinoisesLes herbes traditionnelles chinoises ont une forte réputation pour leurs vertus médicinales. Cependant, une enquête de Greenpeace en Asie de l’Est révèle que ces herbes sont en fait enrobées  d’un cocktail toxique de résidus de pesticides, ce qui peut entrainer des risques pour la santé à long terme.
 
En Chine, ces produits à base de plantes (appelées couramment « herbes médicinales ») sont largement utilisés dans la cuisine quotidienne et font partie du patrimoine culinaire du pays. Par exemple, beaucoup de gens ajoutent du ginseng, des dates rouges ou du chrysanthème dans les soupes ou le thé pour soigner divers problèmes de santé.

Historiquement, ces herbes, alors sauvages, étaient cueillies dans la nature. Aujourd'hui, ce n’est plus le cas. Ces produits à base de plantes sont cultivés de manière industrielle et avec beaucoup de pesticides. Voici un autre exemple de l’incapacité du système agrochimique dominant à fournir des aliments sains, non tPesticides sur les herbes chinoises en Chineoxique.

Ces herbes sont également consommées en dehors de la Chine par les personnes qui cherchent des médecines alternatives. Le marché mondial pour ces produits qui est en forte croissance est estimé à 60 milliards de dollars US par an.

Les résultats des tests pour les échantillons recueillis au Canada sont également préoccupants. Des sept échantillons prélevés dans des magasins à Toronto et à Vancouver, huit des 47 pesticides trouvés sont classés comme « extrêmement dangereux » ou « très dangereux » par l’Organisation mondiale de la Santé. Les pesticides, y compris le carbofuran (sum) et l‘éthoprophos, ont dépassé jusqu’à 8 fois le niveau maximum établies par la Commission européenne. Un échantillon de chèvrefeuille de Chine contenait des résidus de 24 pesticides chimiques.

Les échantillons ont été prélevés par Greenpeace Canada et testés par un laboratoire indépendant en Chine. Ces échantillons incluaient du chèvrefeuille, de la poudre san qi, des dates chinoises, de chrysanthème, des bulbes séchés de lis, de bouton de rose et du goji. Des échantillons similaires des États-Unis, du Royaume-Uni, de la France, de l’Allemagne, de l’Italie et des Pays-Bas ont montré que les consommateurs de ces marchés sont également exposés à des pesticides dangereux.

Voir le diaporama sur la culture des herbes chinoises.

Des sept échantillons prélevés dans des magasins à Toronto et à Vancouver, huit des 47 pesticides trouvés sont classés comme « extrêmement dangereux » ou «très dangereux» par l’Organisation mondiale de la Santé. Les pesticides, y compris le carbofuran (sum) et l‘éthoprophos, ont dépassé jusqu’à 8 fois le niveau maximum établies par la Commission européenne.

Champs d'herbes chinoises en ChineCes résultats sont vraiment choquants et soulignent le besoin urgent de mettre fin à l'utilisation de produits chimiques dans l’agriculture. Greenpeace demande au gouvernement canadien d’adopter des politiques visant à promouvoir l’agriculture écologique pour remplacer l’agriculture industrielle et chimiques. Entre temps, les magasins et les grossistes devraient examiner plus attentivement les produits alimentaires qu'ils importent, distribuent et vendent à leurs clients.

Il est important de noter que les niveaux maximum de résidus officiels de l'Union Européenne et du Canada ne sont pas une véritable garantie de sécurité, car ils ne considèrent pas les « effets cocktails » de l’exposition aux pesticides, soit l'intéraction entre plusieurs pesticides. En outre, l’exposition à long terme aux résidus de pesticides dans les aliments peut produire une accumulation de produits chimiques toxiques dans l'organisme. Une intoxication chronique aux pesticides peut conduire à des difficultés d’apprentissage, des troubles hormonaux et des anomalies de la reproduction.

Greenpeace mène une campagne mondiale contre ce que nous appelons en anglais le Ugly Food, c’est-à-dire l’alimentation provenant de l’agriculture industrielle qui nuit à l’environnement à cause de l’utilisation de produits chimiques toxiques qui sont une menace pour la santé humaine. Au contraire, Greenpeace est partisane d’une agriculture écologique, aussi appelée « agroécologie », qui est l’alternative la plus respectueuse de la nature et des humains.

L’agriculture écologique n’utilise pas de pesticides chimiques, mais emploie des techniques naturelles de lutte antiparasitaire, la rotation et la diversité des cultures afin d’assurer une alimentation saine, nutritive et suffisante tout en protégeant l’environnement, l’eau et la faune d’un empoisonnement toxique. Redévelopper l'agroécologie, abandonnée au profit des cultures industrielles avec intrants chimiques, c'est éviter beaucoup de problèmes liés à la santé des agriculteurs et des consommateurs, à la décontamination de l'eau, mais c'est aussi tourner le dos aux OGM qui nécessitent pour leur culture des quantités toujours croissantes de pesticides.

Lire le rapport (pdf en anglais) avec tous les résultats détaillés.

Lire la page internationale sur le sujet (en anglais).

Éric Darier, responsable de campagne en agriculture écologique à Greenpeace International.

Alessandro Saccoccio, responsable de la communication en agriculture écologique à Greenpeace International.