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Crédit: NRDC

Cette semaine, des groupes environnementaux canadiens et états-uniens (incluant Greenpeace, Équiterre, AQLPA, NRDC, EnJeu, etc.) ont dénoncé le mandat très limité de l’Office national de l’énergie (Office)[i] et le manque de transparence de la compagnie Enbridge dans le projet d'inversement de son pipeline numéro 9. Le projet d’Enbridge implique le passage des sables bitumineux au Québec par un pipeline qui se rend à Montréal en passant par de nombreuses autres zones densément peuplées.

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Les groupes ont communiqué à l’Office leurs nombreuses réserves[1] au sujet de la liste des enjeux qui seront débattus devant elle ainsi que leurs craintes que plusieurs enjeux fondamentaux ne soient pas abordés dans le cadre de cette « consultation ».

Par exemple, l’Office NE PRÉVOIT PAS évaluer:

  • Les effets environnementaux et socioéconomiques associés aux activités en amont, en particulier l’exploitation des sables bitumineux (principale source d’augmentation des émissions de GES au Canada). De plus, la production du pétrole des sables bitumineux émet trois à quatre fois de plus de GES que la production de pétrole conventionnel ce qui en fait la plus importante source de croissance des émissions de GES au Canada et l'un des projets les plus émetteurs de GES au monde.
  • Les impacts liés à l’utilisation en aval du pétrole transporté par le pipeline, dont les émissions liées au raffinage et le transport du pétrole à partir de Montréal. Or, Montréal recevra 300 000 barils par jour (bpj) et la seule raffinerie qu’il y a Montréal ne peut en traiter que 140 000 bpj. Qu’arrivera t’il avec les 160 000 autres bpj, où iront-ils (Lévis, Portland, Nouveau-Brunswick, autres?) et comment (trains, bateaux, pipelines, camions, autobus?). Plusieurs indices démontrent que le projet fait partie d'un plus important projet, anciennement appelé Trailbreaker, qui vise à acheminer des sables bitumineux jusqu'en Nouvelle-Angleterre. On doit savoir ce qu’il adviendrait du pétrole une fois arrivé à Montréal ».
  • Les alternatives au projet incluant un scénario où le projet de pipeline ne serait pas réalisé.

L’Office devrait répondre aux demandes des groupes dans les prochains jours et nous saurons si l’évaluation qu’elle fera sera digne de ce nom où ne sera qu’une formalité pour approuver un projet de pipeline visant augmenter la production du pétrole le plus sale au monde.

Rappelons qu’il ne s'agit pas simplement de renverser le flux du pétrole entre Montréal et Sarnia, Enbridge veut augmenter la capacité quotidienne et y faire circuler un pétrole lourd dans un pipeline vieux d'au moins 40 ans. Cela comporte des risques environnementaux importants en cas d'un déversement.

Rappelons également qu'Enbridge est responsable du plus important déversement pétrolier en sol nord-américain lorsqu'un de leurs pipelines, transportant des sables bitumineux, a déversé plus de 3,7 millions de litres de pétrole dans la rivière Kalamazoo au Michigan en 2010. La facture de cette catastrophe s'élève à près d’un milliard de dollars[2] 

Voir également le communiqué des groupes canadiens et celui des groupes états-uniens


[1] Pour lire la lettre envoyée à l'ONE: https://www.neb-one.gc.ca/ll-eng/livelink.exe?func=ll&objId=927946&objAction=browse

[2] http://www.theglobeandmail.com/globe-investor/enbridge-cleanup-may-cost-1-billion-company-warns/article10041757/


[i] L'ONÉ est l'organisme fédéral responsable de voir à la protection du public et de l'environnement en matière d'énergie et tiendra des audiences sur le projet ce printemps et cet été.