Vous pensiez qu’en montrant la porte à Jean Charest vous pourriez espérer mieux d’un gouvernement qui a des visées de développement nordique ? Vous vous disiez « ça peut pas être pire que ça ! » ? Et bien détrompez-vous, car l’annonce du Plan Nord péquiste d’aujourd’hui passe à côté d’une sacrée belle occasion de se démarquer de son rival Libéral.

L’environnement tombe entre les craques du tapis

Pauline Marois avait mis toute la gomme pour faire son annonce à Chibougamau aujourd’hui : ministre des Ressources naturelles, Martine Ouellet, ministre délégué aux Affaires intergouvernementales canadiennes, à la Francophonie canadienne et à la Gouvernance souverainiste et ministre responsable de la région du Nord du Québec, Alexandre Cloutier, ministre des Transports et ministre des Affaires municipales, des Régions et de l'Occupation du territoire, Sylvain Gaudreault, ministre déléguée aux Affaires autochtones, Élizabeth Larouche, et adjoint parlementaire de la ministre des Ressources naturelles et député d'Ungava, Luc Ferland, étaient tous à cette grande fête du développement nordique.

Seul petit oubli, pour lancer ce plan de développement qui touche les 2/3 du Québec…le ministre du Développement durable ! Oups !

Moi, si j’étais ministre du Développement durable, de l’Environnement et des Parcs et que mon gouvernement faisait une annonce majeure sur le développement des 1,2 millions de kilomètres carrés impactés par le Plan Nord, je voudrais y être. Pas vous ?

Fait intéressant, le Plan Nord de Charest avait le seul mérite de vouloir faire du Québec un champion de la conservation (on s’est rendu compte plus tard que tout ça n’était qu’un bel exercice de marketing). Mais alors que la seule légitimité de l'élaboration d'un nouveau Plan Nord reposait sur une plus grande protection du territoire, voilà que l’équipe Marois laisse son responsable de la protection du territoire sur le banc.

Conséquence : le jeu est passé date, la partie est extrêmement décevante et la foule qui avait misé sur cette équipe plie tranquillement bagages.

Retour au siècle passé en matière de conservation?

On ne s'attendait évidemment pas à ce que le gouvernement Marois déclare le nord du 49e parallèle zone protégée ad vitam eternam. Mais l'annonce qui a été faite ce matin par Pauline Marois surprend par le manque d'ambition en matière de conservation contenu dans ce Plan Nord à la sauce Péquiste.

Dans sa réponse aux questions en conférence de presse, Mme Marois s'est engagée (tadam!) sur une cible de protection de 12% du Québec, soit le même objectif annoncé lors du Sommet de la Terre il y a vingt ans. Bien en dessous des objectifs internationaux fixés depuis par les Nations unies (17%), cette cible est tout simplement ridicule face à l’empreinte industrielle que l’on s’apprête à laisser sur les écosystèmes les plus fragiles de la planète. 

Le ministre de l'Environnement a rectifié les faits en ajoutant à la confusion plus tard dans la journée, en annonçant qu'il respecterait la cible Libérale de protection de 50% du territoire pour 2035, mais qu'il n'était pas attaché à la cible de 20% d'aires protégées pour le Nord du Québec. Décidément, ce gouvernement n'avait pas pris le temps de se faire un ptit plan de conservation, même pas sur un coin de napkin un vendredi après-midi...

Alors que le Parti Québécois investi massivement nos fonds publics pour aller défricher le Nord, aucune police d’assurance n’est mis en place pour protéger ces territoires. C’est simplement ir-res-pon-sable ! L’équipe de Mme Marois a clairement besoin de réviser les objectifs environnementaux de ce « Nord pour tous », qui malheureusement passe bien en deçà de ces que les Québécois espèrent d’un gouvernement dans les contextes environnemental et climatique que nous connaissons. 

Quand la volonté n’y est pas…

Alors que le mois dernier le PQ reculait à la dernière minute face à l’industrie lors de l’entrée en vigueur du nouveau régime forestier, puis devant le lobby minier à l'occasion de la refonte du régime sur les redevances minières, ce nouveau recul de l’équipe Marois est tout simplement épique. La nation québécoise assiste actuellement a un triste spectacle : un gouvernement agenouillé devant les lobbies industriels.

Alors que ce gouvernement s’est fait élire en promettant un système de redevance à la hauteur des ambitions des Québécois, celui qu'il présentait hier promet 4 à 8 fois moins de redevances minières que prévu ! 

Du même coup, la première ministre questionné sur la conservation à Chibougamau aujourd’hui était vraisemblablement mal à l'aise avec le dossier, avec une réponse confuse qui témoigne clairement du manque de volonté de ce gouvernement face à la conservation de la biodiversité.

Il est donc temps, chers Québécoises et Québécois, que nous fassions contre-poids face à ces lobbies qui vraisemblablement ont pris le contrôle de l’Assemblée Nationale !