La fin ne justifie jamais les moyens... jamais!

Face aux nombreux défis auxquels notre monde est confronté, beaucoup de personnes deviennent des militants pour une cause que ce soit pour la protection de l’environnement, pour la justice sociale, pour les libertés politiques ou les droits des personnes, ici et ailleurs.

Les défis sont tellement énormes que la plupart des militants ont une sensation d’urgence qui peut parfois en inciter certains à poser des actes violents. Si on peut parfaitement comprendre les frustrations et les demandes légitimes, on doit néanmoins clairement dénoncer l’utilisation de la violence pour combattre la violence. En fait, on doit condamner toutes les violences.

Violences et délires sécuritaires

Les actes de violences de la part de certains militants entraine parfois une couverture médiatique, mais cette violence détourne un peu plus l’attention des sujets de fonds comme la lutte aux changements climatiques et la lutte aux inégalités sociales qui contribuent à la crise écologique menaçant à terme toute l’humanité. 

Le délire sécuritaire et macho mis en place par de nombreux gouvernements  grâce à des budgets pharamineux donnés aux forces policières contribue à nourrir une culture de la violence. Ça ne prend pas une thèse de doctorat en technique policière pour comprendre que lorsqu’on donne carte blanche, ainsi que de nombreux « joujoux » à la police, on a de fortes chances que cela se termine par  la violence sans parler de la violation des droits de la personne et des libertés. Au besoin, la police peut aussi faire de la provocation pour générer de la violence... et ainsi justifier son existence.

On oublie trop rapidement les autres violences qui ont lieu chaque jour et qu’on doit également dénoncer. Les écosystèmes de la planète sont de plus en plus menacés. La biodiversité s’effondre presque partout sur la planète, agressée pas les activités humaines au nom d’un soi-disant progrès économique. De plus en plus d’espèces disparaissent. Chaque jour, les semences génétiquement modifiées (OGM ) de Monsanto aidées par les herbicides et pesticides qui les accompagnent, contaminent et tuent la biodiversité. Chaque jour, en Alberta des compagnies pétrolières rasent des forêts, déversent des produits toxiques dans d’immenses lacs et augmentent les émissions des gaz à effet de serre pour faire l’extraction des sables bitumineux.

En 2010, pendant 2 mois, la marée noire de BP a pollué le golfe du Mexique. Chaque fois que le gouvernement du Québec ou des personnes d’influence ouvrent la porte à l’exploitation des pétrole  ou du gaz de schiste au Québec, ils contribuent également à l’attaque violente contre l’environnement. Chaque fois que le gouvernement du Québec et Hydro-Québec persistent à vouloir dépenser au moins 2,3 milliard de dollars dans la centrale nucléaire de Gentilly-2, ils étouffent les alternatives écologiques et renouvelables comme le solaire. Tout cela, c’est aussi de la violence... On l’oublie trop souvent.

Non-violence et pacifisme

La non-violence et le pacifisme actifs sont les seules réponses à cette violence généralisée. Depuis sa fondation en 1971, Greenpeace a fait le choix de la non-violence et du pacifisme comme seul moyen légitime de lutte. Pratiquer la non-violence et bien plus difficile que de lancer des pierres à la police et disparaître après dans une foule pacifique.

Lorsque les militants non-violents agissent, ils prennent des risques en se mettant en première ligne et en assumant toutes les conséquences. C’est la conviction profonde en la non-violence qui motive les militants. Le pacifisme et les techniques de non-violence ne veulent pas dire que les actions Greenpeace sont nécessairement légales ou sans confrontation, au contraire! Le but est précisément de dénoncer des crimes environnementaux et proposer des solutions, mais toujours sans violence.

Parmi certains cercles militants altermondialistes domine la doctrine de la « diversité des tactiques ». Derrière ce concept (d’ailleurs déguisé en pluralisme libéral en passant!) se cache, en fait, une tentative de faire accepter la violence de certains par l’écrasante majorité qui ne la pratique pas. Si on veut rester fidèle à ses valeurs de non-violence, on doit rejeter fermement cette bouillie indigeste de la « diversité des tactiques » et le dire publiquement.

De la même manière qu’on ne combat pas la bêtise par la bêtise (mais pas l’intelligence!), on ne doit pas combattre la violence par la violence, mais par le pacifisme et la détermination.

La fin ne justifie pas les moyens. Par contre, le choix des moyens employés révèle la direction dans laquelle on veut aller. La non-violence doit être le seul moyen parce que c’est aussi notre objectif final.