REUTERSHier, Pauline Marois prononçait le discours inaugural de son gouvernement. Au-delà de quelques mesures intéressantes, ce discours se démarquait par l’ordre des priorités énoncées. En effet, l’exploitation du pétrole au Québec a été mentionnée parmi les premières mesures économiques proposées, bien avant le développement d’une économie québécoise du XXIe siècle qui favoriserait l’électrification des transports, l’efficacité énergétique et les énergies propres.

Certes, le discours de Mme Marois précisait que l’exploitation du pétrole devrait se faire « à partir des pratiques les plus élevées en matière de protection de l’environnement, d’acceptabilité sociale », mais est-ce vraiment possible et est-ce ce dont le Québec et la planète ont besoin?

Connaitre les risques

En route vers un réchauffement planétaire de six degrés Celsius, il semble évident qu’il n’y a pas de place pour une potentielle augmentation des émissions de GES au Québec qui peine d’ailleurs déjà à réduire ses émissions. Le PQ doit plutôt respecter sa promesse électorale et réaliser une étude complète de la filière du pétrole par le Bureau d'audiences publiques sur l'environnement (BAPE). Ce type d’audience permettrait d’ailleurs de répondre à certaines questions fondamentales du genre:

  • Comment le Québec pourra atteindre ses objectifs de réduction de GES en 2020 s’il développe les hydrocarbures ?
  • Le développement du pétrole peut-il nuire au développement de l’économie verte au Québec sachant que chaque dollar investi dans cette filière n’est pas investi dans les véritables solutions ?

Nous devons également connaitre les risques reliés à l’exploration/exploitation du pétrole au large des Iles-de-la-Madeleine, du pétrole de schiste sur Anticosti et du pétrole en Gaspésie qui nécessitera probablement un recours à la fracturation. Je doute que les Québécois soient favorables à l’exploitation du pétrole une fois les véritables risques connus.

Priorités à la bonne place

Une chose est certaine, le Québec doit prioriser l’élaboration et la mise en œuvre d’un plan concret pour diminuer drastiquement notre consommation de pétrole et de gaz (le PQ s’est d’ailleurs engagé à réduire la consommation de pétrole de 30% d’ici 2020 et de 60% d’ici 2030). Le PQ s’est également engagé à adopter une nouvelle stratégie énergétique plus verte, à réduire les émissions de GES de 25% sous le niveau de 1990 d’ici 2020 et à se doter d’un plan pour y arriver. Le gouvernement aurait dû annoncer ces mesures bien avant de parler d’exploitation du pétrole au Québec. Confrontée à la crise climatique qui s'accentue, la prospérité durable et responsable ne passe tout simplement pas par l’exploitation du pétrole. D’autant plus que cette dernière ne se ferait qu’à moyen terme, au moment où nous devrons réduire encore plus nos émissions de GES.

Faites-vous entendre

La semaine dernière, Greenpeace et une dizaine de groupes environnementaux, sociaux et citoyens ont demandé au gouvernement de sortir des énergies sales et de se lancer dans les énergies propres. Vous pouvez faire de même.
Envoyez un message clair au gouvernement en demandant « un Québec efficace et leader des énergies propres ».