D’ici seulement quelques semaines s’ouvrira le sommet Rio+20 et malgré le décompte déjà commencé, les politiciens du monde continuent d'ignorer le fait que notre futur à long terme est en péril.

Ce futur dépend de la protection globale de l’environnement, plus particulièrement de celle des océans. Bien que ceux-ci recouvrent un peu plus des deux tiers de la surface de la planète (70,71 %), ils représentent sans nul doute la zone la moins protégée. Pourtant, les océans déterminent notre système météorologique, représente la première sources de protéïne alimentaire pour des milliards de personnes et fournit des emplois à des millions d’individus, sans oublier, leur influence sur le cycle de transformation de l’oxygène.

Malgré cela, nous continuons sans relâche d'endommager les fragiles écosystèmes marins. Pêche industrielle, pollution, hausse du CO2 entrainant une acidification des océans, tout est fait pour augmenter le déséquilibre environnemental. L’absence de législation sur la biodiversité au niveau national, ainsi que le manque de rigueur dans l’application des lois internationales n’aident évidemment pas à prévenir ces phénomènes.

La menace de l'exploration minière sous-marine

Afin de maximiser la prise de conscience sur les lacunes politiques existantes et l’importance des actions concrètes qui doivent être prises à Rio, Greenpeace a produit de nombreuses études qui démontrent facilement la manière dont on compromet la viabilité future des océans, de l’Arctique à l’Antarctique.

Le développement technologique des méthodes d'exploration et le réchauffement climatique signifient aussi que les flottes de navires ont désormais accès à de nouvelles zones autrefois difficilement accessibles ou exploitables. En effet, les toutes nouvelles méthodes de forage pétroliers en eau profonde et d’exploitation minière des fonds marins vont incessamment être testées dans les océans Indien, Pacifique et Arctique. S'il existe un vide législatif à ce sujet, le vide juridique concernant l'exploitation des ressources minières et pétrolières sous-marines est lui aussi abyssal.

Pour ne pas gaspiller l’opportunité générée par le sommet de Rio...

Si l'humanité veut survivre, il est impératif d’améliorer la santé des océans. Lui appliquer une politique conventionnelle n’est désormais plus une option : les leaders politiques ne peuvent pas gaspiller l’opportunité générée par le Sommet de Rio et doivent dresser la stratégie qui mènera à la protection des océans et à la garantie d’une planète en santé pour les générations futures.

Pour le domaine des océans, cela signifie aussi accepter d’accélérer les négociations formelles afin de favoriser un plan de sauvetage.

L’instigation de ce plan doit émerger de l’initiative offerte par le sommet de Rio, afin de miser sur des lois qui garantissent la conservation des réserves de la biodiversité et construites en conformité avec la Convention des Nations Unies sur le droit de la mer.

La création d’un tel accord garantirait non seulement l’utilisation durable des ressources marines, mais aussi les bénéfices provenant d’un partage plus équitable de ces ressources. En même temps, il permettrait l’action concrète des gouvernements concernant la création de politiques domestiques à grande échelle. Malgré tout, une grande volonté des États a pu être décelée durant les rencontres et les réunions précédent le sommet de Rio, et concernant les nombreuses politiques discutées.

La majorité des pays, incluant l’Union européenne et la vaste majorité des pays en voie de développement (PVD), incluant le Brésil, l’Argentine, l’Afrique du Sud et l’Inde, et excluant de manière significative le Venezuela, ont appuyé l’implémentation de négociations formelles afin de maximiser la protection de la biodiversité dans les eaux internationales.

Néanmoins, une poignée de pays des plus influents, dont le Canada, les États-Unis, le Japon, la Russie et la Norvège, continuent de s’opposer au progrès concernant les lois internationales, craignant impunément à une entrave qui contrerait leurs intérêts économiques. 

Les pressions ne doivent pas s'exercer que sur les océans

Autour du monde, les responsables de la campagne Océan de Greenpeace rencontrent les fonctionnaires et les représentants de gouvernements pour les convaincre de protéger nos océans.

L'Union européenne continue à jouer un rôle déterminant, encouragée par les nombreux signes d’appui envoyés par la communauté internationale, et c’est très précisément à ce moment critique que la pression sur les acteurs doit être la plus significative.

Malgré la quantité phénoménale de courriels envoyés par nos militants aux dirigeants américains afin de les convaincre de prioriser le développement de politiques, Washington se borne à refuser d’adhérer à l’initiative de discussion, croyant que de telles négociations restreindraient ses intérêts industriels.

Advenant un plan de sauvetage des océans, notamment en misant sur un cadre de travail crédible pour la gestion des espèces formant la biodiversité marine, il serait désormais plus facile de fournir des outils de législation durables s’adressant au domaine des océans.

À la dernière minute, des décisions cruciales seront prises concernant le sort de notre planète, et nous pressons donc nos gouvernements de s’unir et de s’assurer d'obtenir, à l'issue des pourparlers du sommet de Rio, des engagements solides, durables et concrets pour garantir la survie des océans et du même coup, celle de l'humanité.