Photo: Agence France-Presse Daniel Garcia

Ce jeudi 4 juillet, Greenpeace a accueilli favorablement la mise en place par le gouvernement du Québec d’une « Commission sur l’énergie » qui mènera à l’élaboration d’une nouvelle politique énergétique pour les dix prochaines années. Le gouvernement du Parti Québécois respecte ainsi son engagement de tenir cette importante consultation publique.

Espérons que celle-ci permettra de sensibiliser la population qui devra s’impliquer et exiger que le Québec réalise la révolution énergétique dont nous avons grand besoin. Cinquante  ans après la révolution tranquille, le Québec est mûr pour une nouvelle révolution et l’énergie semble s’y porter plus que tout.

Il est évident toutefois que pour espérer une révolution énergétique, Québec devra favoriser la réduction de la consommation d’hydrocarbures, l’économie d’énergie, l’efficacité énergétique, les énergies renouvelables et accorder une place centrale à la question du climat, entre autres, en refusant l’exploitation pétrolière et gazière ainsi que l’arrivée du pétrole sale de l’Alberta. 

Agir sans tarder pour réduire les GES

L’annonce de Québec se produit d’ailleurs le lendemain de la publication d’un important rapport de l’Organisation météorologique mondiale qui confirme que les changements climatiques s’accélèrent. C’est presqu’un pléonasme que de dire que pour être crédible, la nouvelle politique énergétique devra permettre au Québec d’atteindre ses objectifs de réduction de GES et de réduire drastiquement la consommation de pétrole et de gaz d’ici 2020.

La tenue de la Commission ne doit surtout pas retarder l’annonce de nouvelles mesures dont nous avons urgemment besoin pour lutter contre les changements climatiques et nous libérer des hydrocarbures. En effet, plus Québec tardera, plus la lutte aux changements climatiques coûtera cher et plus Québec risque de rater ses cibles pour 2020.

Québec en voie de rater ses objectifs pour 2020

Rappelons que Québec est sur la mauvaise voie et risque fortement de rater sa cible de réduction de GES pour 2020 (qui est de -25% par rapport 1990) ainsi que son objectif de diminuer drastiquement la consommation de pétrole et de gaz (30% d’ici 2020, 60% d’ici 2030 pour le pétrole). Le Plan d’action de lutte aux changements climatiques du gouvernement n’identifie d’ailleurs qu’un tiers des mesures de réduction de GES nécessaires à l’atteinte de la cible de 2020. Pire encore, les projets d’exploitation de pétrole et de gaz au Québec ainsi que l’arrivée du pétrole des sables bitumineux discréditerait Québec dans sa prétention d’être un leader dans la lutte aux changements climatiques.

Investissements massifs en transport collectif, électrification des transports, implantation d’un système de bonus-malus à l’achat des véhicules légers et établissement d’une norme sur la teneur en carbone des carburants figurent toutes parmi les mesures incontournables que Québec doit mettre de l’avant sans plus tarder.

Nous encourageons la population et les organisations à participer en grand nombre à cette consultation pour faire en sorte que le Québec s’affranchisse rapidement des combustibles fossiles et se dote d’une Politique énergétique digne du XXIe siècle.