Greenpeace a entrepris une campagne mondiale pour faire de la pêche au thon une industrie durable, pour inverser le déclin des populations de thons et mettre fin au massacre inutile de millions de requins, raies, tortues et autres espèces marines capturées comme prises accessoires du fait des méthodes de pêche destructrices employées jusque-là par l’industrie du thon.

Greenpeace entretient un dialogue avec un nombre croissant d’entreprises thonières, dont plusieurs sont membres fondatrices de l’International Seafood Sustainability Foundation (ISSF), la Fondation internationale pour la viabilité des produits de la mer, et ces entreprises sont en train d’amorcer de grands changements au sein de l’industrie du thon. Beaucoup d’entreprises progressistes (et parmi elles certaines des plus grandes chaînes de supermarchés et marques de thon au monde) mettent en place des politiques à grande échelle bien conçues qui se traduiront par des transformations là où ça compte, c’est-à-dire en mer.

John West et Princes, deux des principales marques de thon en conserve vendues au Royaume-Uni (et toutes deux membres de l’ISSF), en sont un exemple. Elles se sont engagées à n’acheter que du thon capturé à la pêche à la canne ou sans dispositif de concentration de poissons (DCP) respectivement d’ici 2016 et 2014. Mi février, l’un des plus grands détaillants américains, Safeway, a promis de se tourner vers des sources durables pour produire sa marque maison. Il s'approvisionnera auprès de Tri Marine, membre fondateur de l’ISSF, et l'un des plus importants négociants de thon au monde. Ailleurs, les pourparlers avec d'autres grandes entreprises progressent bien. On s'attend à ce que 2012 révolutionne l'industrie thonière, en raison du nombre d'acteurs ayant promis d’adopter des pratiques durables.

Pêche à la canne dans l'Océan Pacfique

Pêche à la canne dans l'Océan Pacifique

Dans le cadre de son travail de défense des océans, Greenpeace collabore avec des associations, des scientifiques et des gouvernements, ainsi qu'avec l'industrie. Nous sommes membres de la High Seas Alliance, un regroupement d’organisations militantes voué à la protection des eaux internationales. Nous appartenons aussi à la Deep Sea Conservation Coalition, via laquelle nous travaillons avec des groupes qui font campagne pour protéger les mers les plus profondes et les plus fragiles. Nous sommes présents à d’importants forums politiques sur la conservation des océans et la pêche au thon, et sommes fréquemment invités à prendre la parole dans le cadre des rencontres de l'industrie du thon. Nous collaborons aussi régulièrement avec des États pour faire respecter les règlements en mer. Rien qu’en décembre dernier, l’Esperanza, un des navires de Greenpeace, a prêté main-forte à la République de Palau pour faire respecter des dispositions concernant les pêcheries et a aidé à enquêter sur les violations des réglementations en mer. En 2009, le gouvernement des îles Cook a remercié publiquement Greenpeace de l'avoir aidé à patrouiller dans ses eaux pour combattre la pêche illégale.

John Sauven, directeur exécutif de Greenpeace Royaume-Uni, aux côtés de représentants des détaillants Sainsburys et Marks & Spencer en janvier 2011

John Sauven, directeur exécutif de Greenpeace au Royaume-Uni, en compagnie de représentants des détaillants Sainsburys et Marks & Spencer en janvier 2011.

Pourquoi Greenpeace ne participe pas à la réunion de l’ISSF à Guam

L’ISSF est dominée par les entreprises thonières qui l’ont créée, en sont membres et, dans certains cas même, aident à son fonctionnement. Cela explique sa résistance aux changements proposés par Greenpeace et de nombreux scientifiques, changements qu'un nombre croissant d'entreprises progressistes s’appliquent pourtant aujourd’hui à mettre en place.

Greenpeace reconnaît pleinement l'importance des débats scientifiques, mais nous estimons que le Comité des intervenants environnementaux de l’ISSF (Environmental Stakeholder Committee) n'est pas le meilleur cadre pour les tenir. Les positions pro-industrie de l’ISSF, notamment son opposition à l'interdiction des dispositifs de concentration de poissons (DCP) dans le cadre de la pêche à la senne coulissante, en font un lieu inadéquat pour débattre de la science liée aux thonidés.

Une science non biaisée est primordiale pour gérer les pêcheries au thon et, pour cette raison, Greenpeace est, et a toujours été, disposée à commenter les recherches scientifiques les plus récentes en la matière. Depuis un certain temps, nous avons indiqué clairement à l’ISSF que nous étions prêts à en débattre dans le cadre d'une rencontre non partisane qui réunirait l’ISSF, les groupes environnementaux et, surtout, des scientifiques indépendants.

Rencontre sur la pêche au thon à Guam

L'avenir de la pêche au thon dans le Pacifique se décidera à la rencontre annuelle de la Commission des pêches pour l'océan Pacifique occidental et central, qui se tiendra à Guam du 26 au 30 mars prochain. Celle-ci reverra à cette occasion les mesures qui interdisent la pêche au thon dans les réserves marines de la région que nous surnommons les Pacific Commons et décidera de l’avenir de ces zones. L’équipe de Greenpeace qui sera présente à Guam mettra tout en œuvre pour obtenir l’adoption de mesures aussi contraignantes que possible, notamment l'interdiction complète des dispositifs de concentration de poissons (DCP) dans le cadre de la pêche à la senne coulissante et l’extension de l’interdiction de la pêche à la senne dans les Pacific Commons à tous les types de pêche (deux mesures auxquelles s'oppose l’ISSF). Nous pensons que notre participation à cette rencontre (permise grâce au soutien financier de nos membres) sera plus utile que notre présence à la réunion organisée par l’ISSF, parce qu’elle nous permettra de mieux défendre l'avenir de nos océans et celui de l'industrie de la pêche.

Précédemment, Greenpeace a poliment décliné l’invitation qui lui était faite de rejoindre le comité des intervenants environnementaux de l’ISSF. Vous pouvez prendre connaissance ici des raisons de notre refus.

Vous pouvez suivre les développements de notre campagne internationale pour une pêche au thon durable en cliquant ici.

Basé à Londres, Oliver Knowles est un des responsables de la campagne Océans à Greenpeace International. De ce fait, les liens indiqués dans ce texte sont en anglais.

 

http://www.greenpeace.org/canada/fr/campagnes/Oceans1/oceans/Ressources1/Rapports/Greenpeace-et-lISSF-/