À la suite d’une rencontre entre Pauline Marois et le premier ministre du Nouveau-Brunswick David Alward, le gouvernement du Québec a annoncé la création d'un nouveau groupe de travail visant à déterminer quels seront les impacts du projet de pipeline de sables bitumineux aux plans économique, environnemental, technologique et juridique. Ce projet consiste essentiellement en la transformation d’un gazoduc qui se rend jusqu’à Montréal en provenance de l’Alberta et en la construction d’un nouveau pipeline de Montréal à Saint-John’s pour transporter quelques 900 000 barils de pétrole par jour.TC pipeline - http://www.greenpeace.org/canada/fr/Blog/transporter-le-ptrole-le-plus-sale-de-la-plan/blog/43996/

Source: TransCanada

C’est le 2e comité de travail que le gouvernement du Québec met en place sur la question des sables bitumineux, l’autre étant le comité mixte Québec-Alberta mis en place en novembre dernier.

Si le gouvernement n’a précisé que très peu de choses sur ces comités (pas d’information sur la portée du mandat, composition, échéanciers, etc.), il est plutôt inquiétant de constater la proximité croissante des lobbyistes avec le cabinet de Madame Marois, les ministres de l’Environnement, des Ressources naturelles, du Développement économique et de l'Agriculture. Transporter le pétrole le plus sale de la planète devrait-il se négocier à coup de comité d’évaluation et de rencontre privée? C’est plutôt d’un débat de fond que le Québec et tout l’Est du pays ont besoin.

Le Québec se targue d’être le champion de la lutte aux changements climatiques, mais discute actuellement de l’expansion et l’exportation des sables bitumineux derrière des portes closes. Or, devant les projets qui se multiplient, les groupes environnementaux, de nombreuses villes et des MRC du Québec sont inquiets et réclament un véritable débat public sur cette question. Il est évident que nous avons besoin d’une audience générique du Bureau d'audiences publiques sur l'environnement (BAPE) sur l’arrivée des sables bitumineux au Québec. La saga des gaz de schistes a démontré hors de tout doute que prendre des prises de décisions éclairées, il importe de tenir des débats de société qui sont alimentés par l’intelligence citoyenne et celle des groupes environnementaux et non pas seulement par l’industrie.

Les Québécois sont en droit d’être bien informés sur les impacts de ces projets de pipelines et de dire haut et fort leur refus de servir de passerelle pour le pire pétrole de la planète si tel est leur opinion.

Il est plus que temps que le ministre de l’Environnement du Québec lance une véritable audience publique sur les enjeux de ces projets, lui qui s’est d’ailleurs récemment engagé à le faire :

«[…] Ce qui est cependant essentiel, c'est qu'on se donne un mécanisme de validation, de vérification et peut-être même de négation de la possibilité. Et que ce mécanisme ait le même poids, la même portée et la même crédibilité [que le BAPE] ». – Yves-François Blanchet ministre de l'Environnement du Québec