Avant de débuter l'ascension du mont Fuji, François-Xavier Bleau, un alpiniste québécois, et toute une équipe d'ativistes de plusieurs nationalités, ont déployé une bannière au pied du mont Fuji sur laquelle on pouvait lire « Non au nucléaire ». Lui et les 10 autres activistes ont atteint le sommet du Fujiyama tôt ce matin et souhaitent envoyer un message fort à tous les décideurs des pays nucléarisés : le nucléaire n'est pas l'énergie de l'avenir, entamons dès maintenant la Révolution énergétique. Voici son témoignage : 

Faire l’ascension du mont Fuji au Japon est ma première véritable action pour Greenpeace. C'est un geste rempli d'importance pour moi, car il touche plusieurs passions et préoccupations intimement reliées : l'environnement et l'alpinisme.

J'ai eu l'opportunité de voyager beaucoup dans le cadre de mon travail, par le biais d'expéditions en montagne. J'ai alors pu découvrir différents enjeux environnementaux un peu partout sur la planète, particulièrement au Japon où j'ai séjourné presque 6 mois en 2003.

Tout me paraissait alors si sécuritaire et organisé. Jamais l'idée d'une catastrophe nucléaire ne me serait venue à l'esprit. Mais l’histoire récente nous a donné la preuve que, même ici, dans un pays très avancé technologiquement, personne n’est à l’abri d’une catastrophe nucléaire. Aucune centrale n’est à l'abri d’une catastrophe naturelle et d’une négligence humaine. Une chose est sûre, choisir l’énergie nucléaire aujourd’hui, avec tous les dangers qu’on lui connaît depuis la catastrophe de Tchernobyl, est bien une négligence de la part de nos décideurs.

Dorénavant, un des peuples les plus déférents de la planète remet en doute les choix et les décisions de ses dirigeants politiques et économiques. Avec deux catastrophes nucléaires en seulement 25 ans, nous réalisons comme eux que le seul contrôle que nous ayons sur ce danger, c'est le pouvoir de dire non à cette source d'énergie et de favoriser d'autres alternatives.

C’est le choix devant lequel nous nous trouvons aujourd’hui au Québec. Va-t-on continuer de financer la réfection de la centrale Gentilly 2 à coup de milliards ou au contraire s’engager dans la voie alternative, celle des énergies renouvelables et de l’efficacité énergétique ?


Je réalise à quel point il est possible pour le Japon d'économiser l'énergie, dans ce pays qui est un des grands symboles de la surconsommation, où tout est si technologique, si divertissant et tellement éclairé! Les Japonais l'ont compris rapidement et déjà ils réussissent à se passer de la majorité de leurs réacteurs nucléaires sans trop affecter leur mode de vie et leur économie.

Au Québec, nous avons l’immense chance d’avoir un potentiel énergétique nous permettant de nous passer aisément du nucléaire. Choisir de faire la réfection de cette centrale viellissante qu’est Gentilly 2 ne relève en rien du bon sens, mais descend tout droit d’une politique vieille de 40 ans datant de l’époque où l’on ne connaissait pas les réels dangers du nucléaire civil.

Si M. Charest devait prendre cette décision, ce serait aussi une façon de nier la douleur et le malheur qui touchent des millions de Japonais aujourd’hui.

Voilà pourquoi, en mémoire et par respect pour les nombreuses victimes de Fukushima, je souhaite faire passer un message au Premier ministre du haut du Mont Fuji, cet emblême japonais : M. Charest, n’oubliez pas le drame humain qui se joue ici depuis 1 an. Fermez Gentilly 2 !

 

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