Les jeunes activistes de Greenpeace en mission pour la protection de l’Arctique se préparent à une rencontre historique au pôle Nord cette semaine, où ils ont rendez-vous avec une délégation internationale de représentants du Conseil de l’Arctique.

Nos activistes ont quitté la base Barneo ce dimanche pour entreprendre une expédition qui les mènera jusqu’au pôle Nord. Peu de temps avant leur départ, l’équipe a su que le Conseil de l’Arctique — forum d’ambassadeurs internationaux et de représentants des nations arctiques — serait également au pôle Nord cette semaine.

Josefina Skerk, une des randonneuses, est une Sami de la Suède, âgée de 26 ans, qui étudie en Droit à l’Université d’Umeå et siège au parlement Sami. Apprenant que le Conseil de l’Arctique allait se trouver au pôle Nord à peu près en même temps que son équipe, elle a écrit à Gustaf Lind, membre suédois des hauts représentants du Conseil, demandant à s’entretenir avec ses collègues ambassadeurs advenant une possible rencontre au pôle Nord. M. Lind a accepté l’invitation, et si la météo le permet, les deux groupes espèrent s’y voir cette semaine.

« Nous sommes emballés à l’idée de rencontrer M. Lind et les autres membres du Conseil de l’Arctique lors de notre expédition au pôle Nord », nous raconte Josefina. « Je suis accompagnée de trois jeunes qui ont à cœur les enjeux de l’Arctique, et c’est un grand honneur que de pouvoir transmettre notre message au Conseil, sur le territoire même dont nous souhaitons tous la protection pour les générations à venir. Cette randonnée promet d’être fort éprouvante et pour l’instant, nous avons tous un peu le trac ! Mais c’est une fenêtre inouïe qui s’ouvre à nous. Nous savons que nos partisans, autour du globe, souhaitent nous voir saisir cette occasion de rencontrer les responsables de la protection de l’Arctique. »

Les défenseurs de l’Arctique transportent une capsule temporelle spécialement conçue, dans laquelle a été placée une déclaration appuyée par 2,7 millions de signataires. Cette déclaration démontre l’urgence de faire de l’Arctique une zone protégée et reconnue internationalement. Les randonneurs perceront la banquise pour laisser couler la capsule et un drapeau jusque sur le fond marin, à 4,3 km sous la glace du pôle Nord.

En 2007, l’explorateur russe Artur Chilingarov avait planté un drapeau russe au même endroit, prenant symboliquement possession de l’Arctique au nom de Moscou. Cette semaine, les jeunes explorateurs défieront cette revendication en y déposant un Drapeau pour l’avenir, une création de Sarah Batrisyia, la jeune Malaisienne de 13 ans qui a remporté la compétition internationale organisée par Greenpeace et l’Association mondiale des Guides et des Éclaireuses. Le drapeau, sélectionné par l’icône de la mode Vivienne Westwood ainsi que par des artistes canadiennes autochtones, se veut un symbole d’espoir, d’unité et de paix.

L’équipe croit qu’aucune nation ne devrait posséder l’Arctique ou avoir le droit d’exploiter la fonte de la banquise, conséquence du changement climatique, pour y puiser des carburants dont la combustion est justement à l’origine de cette fonte.

Les activistes entendent profiter de ce rendez-vous inopiné pour inviter les représentants du Conseil de l’Arctique à accepter le projet de création d’un sanctuaire naturel dans les régions inhabitées qui entourent le pôle Nord.

Appuyez leurs efforts en signant notre pétition demandant au président américain Barack Obama d’interdire définitivement les forages pétroliers en Arctique.