« Cloud computing » : Apple, Amazon et Microsoft choisissent les énergies sales

Actualité - 17 avril, 2012
Alors que de plus en plus d’utilisateurs optent pour l’informatique en nuage (cloud computing) pour stocker et partager leurs données sur Internet, des géants du Web continuent de s’approvisionner en sources d’énergie sales comme le charbon ou le nucléaire pour répondre à la demande.

 

« Les gens veulent savoir que ce nuage consomme une énergie propre et sûre », a affirmé Éric Darier, directeur de Greenpeace Québec. « Certaines entreprises qui font des bénéfices records et sont à la pointe de la technologie comme Apple, Amazon ou Microsoft, construisent des centres de données alimentés au charbon. Elles pensent peut-être que leurs clients ne s’en soucient guère, ou que cela n’arrivera pas jusqu’à leurs oreilles. Ces entreprises ont tort. »

Le rapport de Greenpeace, intitulé Votre « cloud » est-il net ?, évalue 14 entreprises du secteur des technologies de l'information et de la communication (TIC) et passe au crible la chaîne d’approvisionnement en électricité de plus de 80 centres de données, les confrontant à plusieurs critères-clés nécessaires à la construction d’un nuage propre. Le rapport montre qu’il existe un clivage de plus en plus marqué au sein du secteur high-tech : certaines entreprises, comme Google, Yahoo et Facebook, font des efforts pour alimenter leur nuage en électricité propre, tandis que d’autres, à l’instar d’Apple, d’Amazon et de Microsoft, adoptent une attitude rétrograde en choisissant d’alimenter leurs fermes de serveurs, dont le nombre ne cesse de croître, avec de l’électricité issue du charbon ou du nucléaire. L’étude indique que si le nuage était un pays, il se classerait au 5e rang mondial en termes de demande en électricité et ses besoins devraient être multipliés par trois d’ici à 2020. Certains centres de données consomment autant d’électricité que 250 000 foyers européens.

Certaines entreprises dont Google, Yahoo et Facebook montrent l’exemple et se réorientent progressivement vers les énergies propres : elles innovent en matière d’efficacité énergétique, privilégient les sites disposant d’un accès aux énergies renouvelables pour implanter leurs centres de données et demandent à leurs fournisseurs et aux pouvoirs publics de faire des choix énergétiques plus judicieux.

« De nombreux géants du secteur ont réalisé de grands progrès en matière d’efficacité énergétique. Mais ce n’est pas suffisant : ils doivent également faire en sorte que l’énergie qu’ils consomment provient de sources propres », a précisé Gary Cook, Analyste politique senior à Greenpeace International.

Greenpeace appelle toutes les entreprises de la TIC offrant des services d’informatique en nuage à :

  • Faire preuve de plus de transparence concernant leur consommation énergétique et leur empreinte carbone, et partager leurs solutions innovantes à l’ensemble du secteur ;
  • Veiller systématiquement à implanter leurs installations dans des endroits où elles pourront être alimentées en électricité par des énergies renouvelables ;
  • Investir directement dans les énergies renouvelables ou s’approvisionner auprès de ces sources ; Demander aux gouvernements et aux fournisseurs électriques d’augmenter la part de l’électricité renouvelable disponible sur le réseau.

« Avec des surplus de production électrique renouvelable au Québec, le gouvernement Charest devrait activement attirer l'installation ici de centres de données », a proposé Éric Darier, directeur de Greenpeace au Québec. « Comme une grande partie de l'électricité requise pour le centre des données est dédiée à la climatisation, le Québec serait bien placé pour tirer avantage des hivers rigoureux et plus longs pour diminuer la consommation énergétique des centres de données. Cette politique permettrait de créer des emplois dans un secteur de pointe. »

Télécharger le rapport Votre « cloud » est-il net?